État du parc de logements face à la chaleur — 41,2 % du parc insuffisant

Cher — 18 intercommunalités, 298 660 habitants

Données ADEME du 30 juin 2026, croisées avec le recensement INSEE 2023.

41,2 %
du parc diagnostiqué en confort d'été insuffisant
France métropolitaine : 40,0 %
59 400
logements concernés, ordre de grandeur
sur 144 070 résidences principales
27,0 %
d'habitants de 65 ans ou plus
France métropolitaine : 21,3 %

41,2 % du parc diagnostiqué présente un confort d'été insuffisant, contre 40,0 % en France métropolitaine : le territoire se situe dans la moyenne, sans caractéristique qui le distingue nettement. C'est en soi une information utile, car elle autorise à s'appuyer sans réserve sur les retours d'expérience d'autres territoires.

Ce qui décide ici n'est donc pas le classement mais le volume : 59 400 logements sont concernés, et 83,9 % d'entre eux relèvent d'un même levier, l'absence de protections solaires extérieures. Un territoire moyen n'est pas un territoire sans enjeu, c'est un territoire où l'action se dimensionne sur la quantité plutôt que sur une singularité.

Ce qui rend le sujet urgent

  • En cours d'examen au Parlement. Le projet de loi de relance et de décentralisation du logement fait entrer le confort d'été dans la définition de la rénovation performante. Adopté au Sénat le 8 juillet 2026, il n'est pas encore voté définitivement : examen à l'Assemblée à la rentrée.
  • Le PCAET, déjà obligatoire ici. Au-delà de 20 000 habitants, il s'impose et se met à jour tous les six ans (article L229-26 du code de l'environnement). Son diagnostic doit comporter une analyse de la vulnérabilité du territoire aux effets du changement climatique et citer ses sources pour chaque élément (article R229-51, 6°, en vigueur au 1er janvier 2026). Le parc de logements y est rarement documenté, faute de données territoriales disponibles.
  • Déjà obligatoire depuis avril 2024. L'audit énergétique réglementaire impose que les scénarios de travaux visent le confort d'été. L'obligation existe donc avant l'outil de mesure : l'indicateur en degrés-heures n'est attendu qu'en 2028.
  • L'été 2026 a servi d'avertissement. Au moins 2 025 décès supplémentaires en une semaine lors de la canicule de juin, dont 85 % chez les 65 ans et plus, avec une hausse marquée des décès à domicile.

Sources : code de l'environnement (articles L229-26 et R229-51), Sénat, arrêté du 29 décembre 2023, PNACC-3 (mesure 9), Santé publique France. Situation au 22 juillet 2026.

Pourquoi les logements surchauffent ici

Le profil du territoire est proche du profil national. Aucun des cinq critères ne s'y distingue nettement de la moyenne : les causes d'inconfort y sont réparties comme ailleurs en France, et la hiérarchie d'action nationale s'applique sans adaptation particulière. C'est une information utile en soi, car elle autorise à s'appuyer sur les retours d'expérience d'autres territoires sans réserve.

Critères manquants chez les logements en confort d'été insuffisant, Cher
Critère manquantCher France métro.Écart
L'absence de brasseurs d'air fixes93,5 %96,7 %−3,2
L'absence de protections solaires extérieures83,9 %85,2 %−1,3
Le déficit d'inertie du bâti72,8 %70,8 %+2,0
L'absence d'isolation de toiture29,0 %42,8 %−13,8
La part de logements non traversants21,5 %25,0 %−3,5

Un point d'appui existe : la toiture. Le territoire affiche 29,0 % de logements inconfortables concernés, contre 42,8 % nationalement, soit 13,8 points de moins. Cet acquis est à préserver dans les programmes à venir plutôt qu'à refaire.

Les intercommunalités du département

Le taux de logements en confort d'été insuffisant varie de près de moitié à l'intérieur du territoire, de 32,4 % à CC la Septaine à 54,4 % à CC Berry Grand Sud. Une politique uniforme à l'échelle du territoire manquerait donc sa cible : c'est le niveau communal qui doit porter le ciblage.

IntercommunalitéInsuffisantBase
CA Bourges Plus37,0 %17 413
CC Vierzon-Sologne-Berry42,5 %6 657
CC du Pays d'Issoudun35,1 %3 161
CC Les Bertranges39,9 %3 132
CC Coeur de France39,9 %3 072
CC Pays Fort Sancerrois Val de Loire44,1 %2 971
CC Terres du Haut Berry43,8 %2 892
CC Sauldre et Sologne47,4 %2 497
CC la Septaine32,4 %1 785
CC Berry Grand Sud54,4 %1 736
CC FerCher41,7 %1 397
CC Portes du Berry entre Loire et Val d'Aubois44,8 %1 220
CC les Trois Provinces41,2 %1 057
CC Arnon Boischaut Cher47,7 %1 055
CC Berry-Loire-Vauvisen.d.893
CC le Dunoisn.d.887
CC Pays de Nérondesn.d.710
CC Coeur de Berryn.d.629

Les intercommunalités sous 1 000 diagnostics exploitables n'ont pas de page dédiée : en dessous de ce seuil, un taux n'est pas défendable.

L'enjeu de santé publique

Le territoire compte 80 573 habitants de 65 ans ou plus, soit 27,0 % de sa population, contre 21,3 % en métropole. L'exposition démographique y est donc nettement supérieure à la moyenne, ce qui déplace le sujet du bâti vers la santé publique.

La part de logement social n'est que de 11,4 % contre 14,5 % nationalement : le levier bailleur est ici étroit, et l'essentiel de l'action devra passer par les aides au parc privé et par l'accompagnement des propriétaires, plus lents à mobiliser. La forte proportion de propriétaires occupants (67,8 % contre 57,6 %) oriente en outre vers les dispositifs d'aide individuelle plutôt que vers la contrainte locative.

Les départements voisins

DépartementInsuffisant
Cher41,2 %
Indre-et-Loire36,9 %
Indre39,8 %
Loiret40,3 %
Eure-et-Loir44,9 %
Loir-et-Cher47,6 %

Voir la synthèse nationale de l'observatoire.

Questions fréquentes

Combien de logements sont mal protégés contre la chaleur en Cher ?

Environ 59 400 logements, soit 41,2 % du parc diagnostiqué, présentent un confort d'été insuffisant selon la base des DPE publiée par l'ADEME. La moyenne de la France métropolitaine est de 40,0 %.

Pourquoi les logements de Cher surchauffent-ils en été ?

Aucune cause ne s'y distingue nettement de la moyenne nationale : les facteurs d'inconfort y sont répartis comme ailleurs en France. Le diagnostic de performance énergétique évalue le confort d'été sur des critères de bâti : isolation de la toiture, protections solaires extérieures, inertie, caractère traversant du logement et présence de brasseurs d'air fixes.

Quels travaux améliorent le confort d'été d'un logement ?

Les protections solaires extérieures (volets, stores, brise-soleil) sont le geste le plus accessible et au meilleur rapport coût-résultat, car elles se posent sans toucher à la structure. L'isolation de la toiture sert l'hiver comme l'été. La ventilation nocturne est gratuite quand le logement est traversant. L'inertie, elle, se corrige difficilement après coup.

Le DPE mesure-t-il vraiment le confort d'été ?

Seulement de façon qualitative, à trois niveaux (bon, moyen, insuffisant), et hors du calcul de l'étiquette A à G. Il ne donne ni température ni durée d'inconfort. Un indicateur en degrés-heures, qui le permettrait, n'est attendu qu'à l'horizon 2028.

Note de méthode et limites

Source. Base « DPE Logements existants depuis juillet 2021 » publiée par l'ADEME sous Licence Ouverte 2.0, millésime du 30 juin 2026, croisée avec le recensement INSEE 2023 (population par âge, résidences principales par statut d'occupation).

Champ de l'indicateur. L'indicateur de confort d'été n'est renseigné que sur 67,9 % des diagnostics au niveau national, et sur 70,9 % ici. Le taux dépend du type de bien : 93 % pour les maisons, 59 % pour les appartements, 5 % pour les immeubles. Les territoires urbains sont donc moins bien couverts que les territoires ruraux.

Biais de couverture. Un diagnostic n'est établi qu'à l'occasion d'une vente ou d'une mise en location. Le parc décrit sur-représente les logements qui ont changé de main depuis juillet 2021 et sous-représente ceux occupés durablement par leur propriétaire — plus souvent des ménages âgés. S'agissant précisément du public le plus vulnérable, cela appelle à la prudence.

Ce que le DPE mesure. L'indicateur est qualitatif, à trois niveaux, établi à partir de critères de bâti (Guide DPE 2024, page 105). Il n'entre pas dans le calcul de l'étiquette A à G, ne mesure pas une température et ne quantifie pas une durée d'inconfort. Il est établi une fois au moment du diagnostic et ne se met pas à jour après un été chaud : ces chiffres décrivent l'état du bâti, pas l'exposition à la chaleur. Vérification faite sur les données, les cinq critères publiés en open data n'expliquent que 75 % des classements — ils sont à lire comme les leviers d'action documentés, non comme la formule de calcul.

Population et logement sont deux agrégats indépendants, joints par territoire. Cette page ne permet pas d'affirmer que telle personne âgée occupe tel logement inconfortable.

Ce document n'est ni un diagnostic de bâtiment, ni une étude thermique, ni un document opposable. Aucune conclusion ne peut en être tirée sur un logement donné.

Passer des constats aux décisions

Vous avez ici l'état du parc de Cher. Ce que cette page ne peut pas faire, c'est vous dire combien de logements sont concernés dans chaque commune, qui les occupe, et où le problème se concentre — c'est l'objet de l'étude territoriale.

Elle est produite à partir des mêmes données publiques, mises en forme pour être portées devant un conseil ou une commission, et livrée sous une semaine. C'est un état des lieux destiné à cibler une politique publique, pas un diagnostic de bâtiment.

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