Confort d'été — CC Coeur de France : 39,9 % du parc insuffisant

Une population âgée dans un parc mal armé contre la chaleur

19 communes, 18 341 habitants

Données ADEME du 30 juin 2026, rapprochées par territoire du recensement INSEE, millésime 2023. Analyse : Miguel Ygonin, ACCES IA.

39,9 %
du parc diagnostiqué en confort d'été insuffisant
France métropolitaine : 40,0 % · médiane des intercommunalités : 43,5 %
3 700
logements concernés, ordre de grandeur
sur 9 236 résidences principales
32,2 %
d'habitants de 65 ans ou plus
France métropolitaine : 21,3 %

32,2 % des habitants du territoire ont 65 ans ou plus, contre 21,3 % en métropole, soit 5 912 personnes. C'est l'un des territoires les plus âgés de France.

Cette donnée déplace le sujet. Le confort d'été n'y est pas une question de confort mais une question de santé publique : la surmortalité des épisodes de chaleur se concentre chez les 65 ans et plus, et de plus en plus à domicile.

Ce qui rend le sujet urgent

  • En cours d'examen au Parlement. Le projet de loi de relance et de décentralisation du logement fait entrer le confort d'été dans la définition de la rénovation performante. Adopté au Sénat le 8 juillet 2026, il n'est pas encore voté définitivement : examen à l'Assemblée à la rentrée.
  • Déjà obligatoire. L'audit énergétique réglementaire s'impose à la vente depuis le 1er avril 2023 pour les logements classés F et G, et depuis le 1er janvier 2025 pour la classe E. Depuis le 1er avril 2024, ses propositions de travaux doivent permettre d'atteindre un niveau satisfaisant de confort hygrothermique. L'obligation existe donc avant l'outil de mesure : l'actualisation de l'indicateur de confort d'été n'est attendue qu'à l'horizon 2028.
  • L'été 2026 a servi d'avertissement. Santé publique France estime à 5 764 le nombre de décès en excès entre le 17 juin et le 2 juillet, soit une hausse de 36 %. Les 75 ans et plus en représentent les deux tiers, mais un excès a été observé pour toutes les classes d'âge à partir de 15 ans, et pour tous les lieux de décès, domicile compris.

Sources : code de l'environnement, articles L229-26 et R229-51 (Légifrance) ; Sénat, texte adopté n° 157 (2025-2026) ; arrêté du 29 décembre 2023 modifiant l'arrêté du 4 mai 2022 relatif au contenu de l'audit énergétique réglementaire ; PNACC-3, mesure 9 ; Santé publique France, bilan du 22 juillet 2026. Veille arrêtée au 22 juillet 2026.

Pourquoi les logements surchauffent ici

Le profil du territoire est proche du profil national. Aucun des cinq critères ne s'y distingue nettement de la moyenne : les causes d'inconfort y sont réparties comme ailleurs en France, et la hiérarchie d'action nationale s'applique sans adaptation particulière. C'est une information utile en soi, car elle autorise à s'appuyer sur les retours d'expérience d'autres territoires sans réserve.

Critères manquants chez les logements en confort d'été insuffisant, CC Coeur de France
Critère manquantCC Coeur de France France métro.Écart
L'absence de brasseurs d'air fixes99,2 %96,7 %+2,5
L'absence de protections solaires extérieures82,7 %85,2 %−2,5
Le déficit d'inertie du bâti73,7 %70,8 %+2,9
L'absence d'isolation de toiture30,7 %42,8 %−12,1
La part de logements non traversants14,9 %25,0 %−10,1

Un point d'appui existe : la toiture. Le territoire affiche 30,7 % de logements inconfortables concernés, contre 42,8 % nationalement, soit 12,1 points de moins. Cet acquis est à préserver dans les programmes à venir plutôt qu'à refaire.

La carte du territoire

25 39 39 56 % insuffisant

Part de logements en confort d'été insuffisant par commune. En gris, les communes dont la base de diagnostics est inférieure à 100, trop faible pour un taux publiable.

Le taux par commune

Le taux de logements en confort d'été insuffisant varie de près de moitié d'une commune à l'autre, de 25,3 % (Orval) à 39,2 % (Saint-Amand-Montrond). Une politique uniforme à l'échelle du territoire manquerait donc sa cible : c'est le niveau communal qui doit porter le ciblage.

CommuneInsuffisantBase
Saint-Amand-Montrond39,2 %1 899
Orval25,3 %332
Charenton-du-Cher56,0 %184
Meillantn.d.88
Bruère-Allichampsn.d.82
Coustn.d.66
Drevantn.d.65
Saint-Pierre-les-Étieuxn.d.60
Orcenaisn.d.43
Bessais-le-Fromentaln.d.38
La Cellen.d.36
Marçaisn.d.34
Bouzaisn.d.29
Arpheuillesn.d.28
Colombiersn.d.25
Farges-Allichampsn.d.22
Vernaisn.d.20
Nozièresn.d.14
La Groutten.d.7

Base : nombre de logements diagnostiqués exploitables. En dessous de 100, aucun taux n'est publié : le classement relatif entre communes est solide, la décimale ne l'est pas.

L'enjeu de santé publique

Le territoire compte 5 912 habitants de 65 ans ou plus, soit 32,2 % de sa population, contre 21,3 % en métropole. L'exposition démographique y est donc nettement supérieure à la moyenne, ce qui déplace le sujet du bâti vers la santé publique.

La part de logement social, à 15,8 %, est proche de la moyenne nationale (14,5 %). La forte proportion de propriétaires occupants (63,1 % contre 57,6 %) oriente en outre vers les dispositifs d'aide individuelle plutôt que vers la contrainte locative.

Le rapprochement avec les données sanitaires est direct : le bilan consolidé de la canicule de juin 2026, publié par Santé publique France le 22 juillet 2026, fait état de 5 764 décès en excès entre le 17 juin et le 2 juillet, soit une hausse de 36 %. Les 75 ans et plus en représentent les deux tiers, mais un excès a été observé pour toutes les classes d'âge à partir de 15 ans, et pour tous les lieux de décès, domicile compris.

Comparaison avec les autres intercommunalités du département

TerritoireInsuffisantBase
CC la Septaine32,4 %1 785
CC du Pays d'Issoudun35,1 %3 161
CA Bourges Plus37,0 %17 413
CC Coeur de France39,9 %3 072
CC Les Bertranges39,9 %3 132
CC les Trois Provinces41,2 %1 057
CC FerCher41,7 %1 397
CC Terres du Haut Berry43,8 %2 892
CC Pays Fort Sancerrois Val de Loire44,1 %2 971
CC Portes du Berry entre Loire et Val d'Aubois44,8 %1 220
CC Sauldre et Sologne47,4 %2 497
CC Arnon Boischaut Cher47,7 %1 055
CC Berry Grand Sud54,4 %1 736
Les 14 intercommunalités du département ne sont pas toutes listées : seules les 6 les mieux placées et les 6 les moins bien placées figurent ici. Le détail complet est sur la page du département.

Questions fréquentes

CC Coeur de France : combien de logements sont mal protégés contre la chaleur ?

39,9 % des logements diagnostiqués y présentent un confort d'été insuffisant, contre 40,0 % en France métropolitaine, soit 1 226 logements parmi les diagnostics exploitables. Rapporté à l'ensemble du parc, ce taux représente de l'ordre de 3 700 résidences principales sur 9 236. Ce second nombre est une estimation, obtenue en appliquant aux résidences principales le taux observé sur les diagnostics ; ce n'est pas un décompte.

CC Coeur de France : pourquoi les logements y surchauffent-ils en été ?

Aucune cause ne s'y distingue nettement de la moyenne nationale : les facteurs d'inconfort y sont répartis comme ailleurs en France. Le diagnostic de performance énergétique documente cinq critères de bâti : isolation de la toiture, protections solaires extérieures, inertie, caractère traversant du logement et présence de brasseurs d'air fixes. Ces cinq critères sont les leviers d'action documentés, pas la formule de calcul de l'indicateur.

Quels travaux améliorent le confort d'été d'un logement ?

Les protections solaires extérieures (volets, stores, brise-soleil) sont le geste le plus accessible et au meilleur rapport coût-résultat, car elles se posent sans toucher à la structure. L'isolation de la toiture sert l'hiver comme l'été. La ventilation nocturne est gratuite quand le logement est traversant. Les brasseurs d'air fixes sont finançables par MaPrimeRénov' depuis le 1er janvier 2024, mais seulement dans le parcours accompagné, au sein d'une rénovation d'ampleur, et non en geste isolé ; ils n'entrent pas dans le calcul 3CL, donc sans effet sur la note affichée. L'inertie, elle, se corrige difficilement après coup.

Le DPE mesure-t-il vraiment le confort d'été ?

Seulement de façon qualitative, à trois niveaux (bon, moyen, insuffisant), et hors du calcul de l'étiquette A à G. Il ne donne ni température ni durée d'inconfort. L'actualisation de cet indicateur est prévue à l'horizon 2028, une description en degrés-heures comparable à celle de la RE2020 étant l'une des pistes évoquées.

Note de méthode et limites

Source. Base « DPE Logements existants (depuis juillet 2021) » publiée par l'ADEME sous Licence Ouverte 2.0, millésime du 30 juin 2026, rapprochée par territoire du recensement INSEE, millésime 2023 (population par âge, résidences principales par statut d'occupation).

Champ de l'indicateur. L'indicateur de confort d'été n'est renseigné que sur 68,6 % des diagnostics au niveau national, et sur 66,3 % ici. Le taux dépend du type de bien : 93 % pour les maisons, 59 % pour les appartements, 5 % pour les immeubles. Les territoires urbains sont donc moins bien couverts que les territoires ruraux. Environ 3 % des diagnostics publiés ne portent pas de code commune exploitable et sont hors de ce périmètre.

Biais de couverture. Un diagnostic n'est établi qu'à l'occasion d'une vente ou d'une mise en location. Le parc décrit sur-représente les logements qui ont changé de main depuis juillet 2021 et sous-représente ceux occupés durablement par leur propriétaire — plus souvent des ménages âgés. S'agissant précisément du public le plus vulnérable, cela appelle à la prudence.

Ce que le DPE mesure. L'indicateur est qualitatif, à trois niveaux, et le Guide DPE Logements, version 3 de juillet 2024, page 104, en documente cinq critères de bâti. Il n'entre pas dans le calcul de l'étiquette A à G, ne mesure pas une température et ne quantifie pas une durée d'inconfort. Il est établi une fois au moment du diagnostic et ne se met pas à jour après un été chaud : ces chiffres ne suivront donc pas le réchauffement, alors que l'inconfort réellement vécu, lui, augmentera. Vérification faite sur les données, les cinq critères publiés en open data n'expliquent que 75,1 % des classements : ils sont à lire comme les leviers d'action documentés, non comme la formule de calcul. À caractéristiques de bâti strictement identiques, le classement varie encore selon la zone climatique et l'altitude.

Deux repères, et non un seul. Le taux national de 40,0 % est une moyenne pondérée par les logements : elle décrit le parc français, où les grandes aires urbaines pèsent lourd. La médiane des intercommunalités, elle, se situe à 43,5 %. Comparer un territoire au seul taux national conduit à qualifier d'« au-dessus de la moyenne » près des deux tiers des intercommunalités, ce qui n'apprend rien. Les deux repères sont donc donnés ensemble.

La composition du parc pèse sur le résultat. Les maisons sont plus souvent classées insuffisantes que les logements collectifs. Mesuré sur les intercommunalités publiées : +2,0 points de logements insuffisants pour +10 points de maisons, la seule composition du parc expliquant environ un quart des écarts entre territoires. Un territoire rural n'est donc pas « moins bien géré » qu'un territoire urbain : il a un parc différent. Les comparaisons de cette page sont brutes, non corrigées de cet effet.

Population et logement sont deux agrégats indépendants, joints par territoire. Cette page ne permet pas d'affirmer que telle personne âgée occupe tel logement inconfortable.

Ce document n'est ni un diagnostic de bâtiment, ni une étude thermique, ni un document opposable. Aucune conclusion ne peut en être tirée sur un logement donné.

Passer des constats aux décisions

Vous avez ici l'état du parc — CC Coeur de France. Ce que cette page ne peut pas faire, c'est vous dire combien de logements sont concernés dans chaque commune, et quelles communes cumulent le volume et une population âgée — c'est l'objet de l'étude territoriale.

Elle est produite à partir des mêmes données publiques, mises en forme pour être portées devant un conseil ou une commission, et livrée sous une semaine : les données sont publiques et déjà consolidées, ce délai sert à la relecture et au contrôle du document avant qu'il vous parvienne. C'est un état des lieux destiné à cibler une politique publique, pas un diagnostic de bâtiment.

Demander l'étude — CC Coeur de France Réponse sous 48 h — sans engagement