Confort d'été — CU du Grand Reims : 24,5 % du parc insuffisant

Un territoire à deux vitesses face à la chaleur

143 communes, 298 037 habitants

Données ADEME du 30 juin 2026, rapprochées par territoire du recensement INSEE, millésime 2023. Analyse : Miguel Ygonin, ACCES IA.

24,5 %
du parc diagnostiqué en confort d'été insuffisant
France métropolitaine : 40,0 % · médiane des intercommunalités : 43,5 %
35 200
logements concernés, ordre de grandeur
sur 143 560 résidences principales
19,0 %
d'habitants de 65 ans ou plus
France métropolitaine : 21,3 %
19
nuits tropicales cet été
Reims · 1er juin au 28 août

La moyenne du territoire, 24,5 %, masque un écart considérable d'une commune à l'autre : de 9,7 % (Tinqueux) jusqu'à 32,1 % (Bétheny), soit un rapport de un à 3,3.

C'est le fait marquant de ce territoire. Toute politique conçue sur la moyenne manquera simultanément les deux extrémités : surdimensionnée là où le parc est correct, insuffisante là où il ne l'est pas.

Ce qui rend le sujet urgent

  • En cours d'examen au Parlement. Le projet de loi de relance et de décentralisation du logement fait entrer le confort d'été dans la définition de la rénovation performante. Adopté au Sénat le 8 juillet 2026, il n'est pas encore voté définitivement : examen à l'Assemblée à la rentrée.
  • Le PCAET, déjà obligatoire ici. Au-delà de 20 000 habitants, il s'impose et se met à jour tous les six ans (article L229-26 du code de l'environnement). Son diagnostic doit comporter une analyse de la vulnérabilité du territoire aux effets du changement climatique (article R229-51, 6°, en vigueur au 1er janvier 2026), et le plan doit mentionner les sources de données utilisées pour chaque élément du diagnostic (même article). Le parc de logements y est rarement documenté, faute de données territoriales disponibles.
  • Déjà obligatoire. L'audit énergétique réglementaire s'impose à la vente depuis le 1er avril 2023 pour les logements classés F et G, et depuis le 1er janvier 2025 pour la classe E. Depuis le 1er avril 2024, ses propositions de travaux doivent permettre d'atteindre un niveau satisfaisant de confort hygrothermique. L'obligation existe donc avant l'outil de mesure : l'actualisation de l'indicateur de confort d'été n'est attendue qu'à l'horizon 2028.
  • L'été 2026 a servi d'avertissement. Santé publique France estime à 5 764 le nombre de décès en excès entre le 17 juin et le 2 juillet, soit une hausse de 36 %. Les 75 ans et plus en représentent les deux tiers, mais un excès a été observé pour toutes les classes d'âge à partir de 15 ans, et pour tous les lieux de décès, domicile compris.

Sources : code de l'environnement, articles L229-26 et R229-51 (Légifrance) ; Sénat, texte adopté n° 157 (2025-2026) ; arrêté du 29 décembre 2023 modifiant l'arrêté du 4 mai 2022 relatif au contenu de l'audit énergétique réglementaire ; PNACC-3, mesure 9 ; Santé publique France, bilan du 22 juillet 2026. Veille arrêtée au 22 juillet 2026.

Pourquoi les logements surchauffent ici

La spécificité du territoire est l'absence d'isolation de toiture : 52,8 % des logements inconfortables sont concernés, soit 10,0 points de plus que la moyenne nationale (42,8 %). C'est l'écart le plus marqué des cinq critères, et c'est donc l'élément qui distingue ce territoire.

La toiture est la surface la plus exposée au rayonnement solaire estival. Son isolation sert l'hiver comme l'été, ce qui en fait le geste au double bénéfice — et celui que les dispositifs d'aide existants financent déjà le mieux.

Critères manquants chez les logements en confort d'été insuffisant, CU du Grand Reims
Critère manquantCU du Grand Reims France métro.Écart
L'absence de brasseurs d'air fixes99,2 %96,7 %+2,5
Le déficit d'inertie du bâti75,7 %70,8 %+4,9
L'absence de protections solaires extérieures74,8 %85,2 %−10,4
L'absence d'isolation de toiture52,8 %42,8 %+10,0
La part de logements non traversants30,8 %25,0 %+5,8

La carte du territoire

19 27 32 41 % insuffisant

Part de logements en confort d'été insuffisant par commune. En gris, les communes dont la base de diagnostics est inférieure à 100, trop faible pour un taux publiable.

Le taux par commune

Le taux de logements en confort d'été insuffisant varie du simple au double d'une commune à l'autre, de 9,7 % (Tinqueux) à 32,1 % (Bétheny). Une politique uniforme à l'échelle du territoire manquerait donc sa cible : c'est le niveau communal qui doit porter le ciblage.

CommuneInsuffisantBase
Reims24,0 %10 000 et plus
Tinqueux9,7 %2 500 – 5 000
Fismes29,9 %1 000 – 2 500
Bétheny32,1 %1 000 – 2 500
Bezannes11,6 %1 000 – 2 500
Cormontreuil26,9 %500 – 1 000
Witry-lès-Reims23,4 %500 – 1 000
Saint-Brice-Courcelles18,9 %500 – 1 000
Muizon15,6 %500 – 1 000
Bazancourt24,0 %250 – 500
Jonchery-sur-Vesle24,7 %250 – 500
Sillery47,7 %250 – 500
Cormicy20,7 %100 – 250
Pontfaverger-Moronvilliers28,3 %100 – 250
Champigny18,4 %100 – 250
Taissy30,6 %100 – 250
Warmeriville43,6 %100 – 250
Gueux40,5 %100 – 250
Verzy57,4 %100 – 250
Cernay-lès-Reims43,2 %100 – 250
Bourgogne-Fresne34,1 %100 – 250
Bétheniville16,8 %100 – 250
Courcy26,9 %100 – 250
Loivre31,6 %100 – 250
Hermonville37,0 %100 – 250
Rilly-la-Montagne41,1 %100 – 250
Boult-sur-Suippe38,7 %100 – 250
Villers-Allerand38,5 %100 – 250
Beine-Nauroy43,0 %100 – 250
Verzenayn.d.100 – 250
Val-de-Veslen.d.100 – 250
Mailly-Champagnen.d.100 – 250
Isles-sur-Suippen.d.100 – 250
Prouillyn.d.100 – 250
Prunayn.d.100 – 250
Beaumont-sur-Veslen.d.100 – 250
Les Mesneuxn.d.100 – 250
Berrun.d.100 – 250
Chigny-les-Rosesn.d.100 – 250
Crugnyn.d.100 – 250
Auménancourtn.d.100 – 250
Ville-en-Tardenoisn.d.100 – 250
Villers-Marmeryn.d.100 – 250
Champfleuryn.d.100 – 250
Merfyn.d.100 – 250
Lavannesn.d.100 – 250
Ludesn.d.100 – 250
Ormesn.d.100 – 250
Saint-Thierryn.d.100 – 250
Nogent-l'Abbessen.d.100 – 250
Sermiersn.d.100 – 250
Trépailn.d.100 – 250
Sept-Saulxn.d.100 – 250
Trignyn.d.100 – 250
Courvillen.d.100 – 250
Faverolles-et-Coëmyn.d.100 – 250
Les Petites-Logesn.d.100 – 250
Rosnayn.d.100 – 250
Cauroy-lès-Hermonvillen.d.100 – 250
Ville-Dommangen.d.100 – 250
Puisieulxn.d.100 – 250
Caureln.d.100 – 250
Chenayn.d.100 – 250
Saint-Masmesn.d.100 – 250
Époyen.d.100 – 250
Montigny-sur-Veslen.d.100 – 250
Pouillonn.d.100 – 250
Pargny-lès-Reimsn.d.100 – 250
Sacyn.d.100 – 250
Chaumuzyn.d.100 – 250
Magneuxn.d.100 – 250
Pomaclen.d.100 – 250
Brimontn.d.100 – 250
Chameryn.d.100 – 250
Courcelles-Sapicourtn.d.100 – 250
Arcis-le-Ponsartn.d.100 – 250
Montbrén.d.100 – 250
Romainn.d.100 – 250
Jouy-lès-Reimsn.d.100 – 250
Saint-Étienne-sur-Suippen.d.100 – 250
Vandeuiln.d.100 – 250
Baslieux-lès-Fismesn.d.100 – 250
Prosnesn.d.100 – 250
Thilloisn.d.100 – 250
Heutrégivillen.d.100 – 250
Olizyn.d.100 – 250
Savigny-sur-Ardresn.d.100 – 250
Écueiln.d.100 – 250
Saint-Hilaire-le-Petitn.d.100 – 250
Bouillyn.d.100 – 250
Dontrienn.d.100 – 250
Lageryn.d.100 – 250
Pévyn.d.100 – 250
Vrignyn.d.100 – 250
Serzy-et-Prinn.d.100 – 250
Trois-Puitsn.d.100 – 250
Saint-Gillesn.d.100 – 250
Villers-aux-Nœudsn.d.100 – 250
Saint-Euphraise-et-Clairizetn.d.100 – 250
Treslonn.d.100 – 250
Branscourtn.d.100 – 250
Sellesn.d.100 – 250
Villers-Franqueuxn.d.100 – 250
Breuil-sur-Veslen.d.100 – 250
Châlons-sur-Veslen.d.100 – 250
Ville-en-Selven.d.100 – 250
Saint-Léonardn.d.100 – 250
Thiln.d.100 – 250
Ventelayn.d.100 – 250
Bouleusen.d.100 – 250
Berméricourtn.d.100 – 250
Coulommes-la-Montagnen.d.100 – 250
Courlandonn.d.100 – 250
Pourcyn.d.100 – 250
Unchairn.d.100 – 250
Vaudemangen.d.100 – 250
Aubériven.d.100 – 250
Blignyn.d.100 – 250
Bouvancourtn.d.100 – 250
Germignyn.d.100 – 250
Méry-Prémecyn.d.100 – 250
Romignyn.d.100 – 250
Courmasn.d.100 – 250
Sarcyn.d.100 – 250
Mont-sur-Courvillen.d.100 – 250
Billy-le-Grandn.d.100 – 250
Cuislesn.d.100 – 250
Saint-Souplet-sur-Pyn.d.100 – 250
Courtagnonn.d.100 – 250
Janvryn.d.100 – 250
Marfauxn.d.100 – 250
Chambrecyn.d.100 – 250
Saint-Martin-l'Heureuxn.d.100 – 250
Hourgesn.d.100 – 250
Jonqueryn.d.100 – 250
Lhéryn.d.100 – 250
Trameryn.d.100 – 250
Aougnyn.d.100 – 250
Vaudesincourtn.d.100 – 250
Aubillyn.d.100 – 250
Anthenayn.d.100 – 250
Poillyn.d.100 – 250
Brouilletn.d.100 – 250

Base : ordre de grandeur du nombre de logements diagnostiqués exploitables. En dessous de 100, aucun taux n'est publié : le classement relatif entre communes est solide, la décimale ne l'est pas. Le décompte exact par commune figure dans l'étude territoriale.

L'enjeu de santé publique

Le territoire compte 56 702 habitants de 65 ans ou plus, soit 19,0 % de sa population, contre 21,3 % en métropole. L'exposition démographique y est donc inférieure à la moyenne nationale, ce qui atténue l'enjeu sanitaire sans le supprimer.

La part de logement social, à 28,5 % contre 14,5 % nationalement, est un atout d'action : ces logements relèvent d'une programmation pilotable par un opérateur unique, là où le parc privé suppose de convaincre des milliers de décideurs individuels.

Le rapprochement avec les données sanitaires est direct : le bilan consolidé de la canicule de juin 2026, publié par Santé publique France le 22 juillet 2026, fait état de 5 764 décès en excès entre le 17 juin et le 2 juillet, soit une hausse de 36 %. Les 75 ans et plus en représentent les deux tiers, mais un excès a été observé pour toutes les classes d'âge à partir de 15 ans, et pour tous les lieux de décès, domicile compris.

Comparaison avec les autres intercommunalités du département

Questions fréquentes

CU du Grand Reims : combien de logements sont mal protégés contre la chaleur ?

24,5 % des logements diagnostiqués y présentent un confort d'été insuffisant, contre 40,0 % en France métropolitaine, soit 17 185 logements parmi les diagnostics exploitables. Rapporté à l'ensemble du parc, ce taux représente de l'ordre de 35 200 résidences principales sur 143 560. Ce second nombre est une estimation, obtenue en appliquant aux résidences principales le taux observé sur les diagnostics ; ce n'est pas un décompte.

CU du Grand Reims : pourquoi les logements y surchauffent-ils en été ?

La cause la plus sur-représentée ici est l'absence d'isolation de toiture, qui concerne 52,8 % des logements inconfortables, soit 10,0 points de plus que la moyenne nationale. Le diagnostic de performance énergétique documente cinq critères de bâti : isolation de la toiture, protections solaires extérieures, inertie, caractère traversant du logement et présence de brasseurs d'air fixes. Ces cinq critères sont les leviers d'action documentés, pas la formule de calcul de l'indicateur.

Quels travaux améliorent le confort d'été d'un logement ?

Les protections solaires extérieures (volets, stores, brise-soleil) sont le geste le plus accessible et au meilleur rapport coût-résultat, car elles se posent sans toucher à la structure. L'isolation de la toiture sert l'hiver comme l'été. La ventilation nocturne est gratuite quand le logement est traversant. Les brasseurs d'air fixes sont finançables par MaPrimeRénov' depuis le 1er janvier 2024, mais seulement dans le parcours accompagné, au sein d'une rénovation d'ampleur, et non en geste isolé ; ils n'entrent pas dans le calcul 3CL, donc sans effet sur la note affichée. L'inertie, elle, se corrige difficilement après coup.

Le DPE mesure-t-il vraiment le confort d'été ?

Seulement de façon qualitative, à trois niveaux (bon, moyen, insuffisant), et hors du calcul de l'étiquette A à G. Il ne donne ni température ni durée d'inconfort. L'actualisation de cet indicateur est prévue à l'horizon 2028, une description en degrés-heures comparable à celle de la RE2020 étant l'une des pistes évoquées.

Note de méthode et limites

Source. Base « DPE Logements existants (depuis juillet 2021) » publiée par l'ADEME sous Licence Ouverte 2.0, millésime du 30 juin 2026, rapprochée par territoire du recensement INSEE, millésime 2023 (population par âge, résidences principales par statut d'occupation).

Nuits tropicales. Températures minimales quotidiennes issues de la réanalyse ERA5 du programme européen Copernicus, distribuées par Open-Meteo sous licence CC BY 4.0. Une nuit tropicale est une nuit où la température ne descend pas sous 20 °C, seuil retenu par Météo-France. Le relevé est ponctuel : il porte sur la commune la plus peuplée du territoire, nommée à côté du chiffre, et ne décrit pas l'ensemble du territoire.

Champ de l'indicateur. L'indicateur de confort d'été n'est renseigné que sur 68,6 % des diagnostics au niveau national, et sur 52,0 % ici. Le taux dépend du type de bien : 93 % pour les maisons, 59 % pour les appartements, 5 % pour les immeubles. Les territoires urbains sont donc moins bien couverts que les territoires ruraux. Environ 3 % des diagnostics publiés ne portent pas de code commune exploitable et sont hors de ce périmètre.

Biais de couverture. Un diagnostic n'est établi qu'à l'occasion d'une vente ou d'une mise en location. Le parc décrit sur-représente les logements qui ont changé de main depuis juillet 2021 et sous-représente ceux occupés durablement par leur propriétaire — plus souvent des ménages âgés. S'agissant précisément du public le plus vulnérable, cela appelle à la prudence.

Ce que le DPE mesure. L'indicateur est qualitatif, à trois niveaux, et le Guide DPE Logements, version 3 de juillet 2024, page 104, en documente cinq critères de bâti. Il n'entre pas dans le calcul de l'étiquette A à G, ne mesure pas une température et ne quantifie pas une durée d'inconfort. Il est établi une fois au moment du diagnostic et ne se met pas à jour après un été chaud : ces chiffres ne suivront donc pas le réchauffement, alors que l'inconfort réellement vécu, lui, augmentera. Vérification faite sur les données, les cinq critères publiés en open data n'expliquent que 75,1 % des classements : ils sont à lire comme les leviers d'action documentés, non comme la formule de calcul. À caractéristiques de bâti strictement identiques, le classement varie encore selon la zone climatique et l'altitude.

Deux repères, et non un seul. Le taux national de 40,0 % est une moyenne pondérée par les logements : elle décrit le parc français, où les grandes aires urbaines pèsent lourd. La médiane des intercommunalités, elle, se situe à 43,5 %. Comparer un territoire au seul taux national conduit à qualifier d'« au-dessus de la moyenne » près des deux tiers des intercommunalités, ce qui n'apprend rien. Les deux repères sont donc donnés ensemble.

La composition du parc pèse sur le résultat. Les maisons sont plus souvent classées insuffisantes que les logements collectifs. Mesuré sur les intercommunalités publiées : +2,0 points de logements insuffisants pour +10 points de maisons, la seule composition du parc expliquant environ un quart des écarts entre territoires. Un territoire rural n'est donc pas « moins bien géré » qu'un territoire urbain : il a un parc différent. Les comparaisons de cette page sont brutes, non corrigées de cet effet.

Population et logement sont deux agrégats indépendants, joints par territoire. Cette page ne permet pas d'affirmer que telle personne âgée occupe tel logement inconfortable.

Ce document n'est ni un diagnostic de bâtiment, ni une étude thermique, ni un document opposable. Aucune conclusion ne peut en être tirée sur un logement donné.

Passer des constats aux décisions

Vous avez ici l'état du parc — CU du Grand Reims. Ce que cette page ne peut pas faire, c'est vous dire combien de logements sont concernés dans chaque commune, et quelles communes cumulent le volume et une population âgée — c'est l'objet de l'étude territoriale.

Elle est produite à partir des mêmes données publiques, mises en forme pour être portées devant un conseil ou une commission, et livrée sous une semaine : les données sont publiques et déjà consolidées, ce délai sert à la relecture et au contrôle du document avant qu'il vous parvienne. C'est un état des lieux destiné à cibler une politique publique, pas un diagnostic de bâtiment.

Demander l'étude — CU du Grand Reims Réponse sous 48 h — sans engagement