Un parc exposé, une population âgée : deux facteurs qui se cumulent — 54,3 % du parc insuffisant

CC de Portes Sud Périgord — 25 communes, 8 473 habitants

Données ADEME du 30 juin 2026, croisées avec le recensement INSEE 2023.

54,3 %
du parc diagnostiqué en confort d'été insuffisant
France métropolitaine : 40,0 %
2 200
logements concernés, ordre de grandeur
sur 4 082 résidences principales
33,6 %
d'habitants de 65 ans ou plus
France métropolitaine : 21,3 %

Deux facteurs défavorables se cumulent ici. Le parc est plus exposé que la moyenne : 54,3 % des logements diagnostiqués sont en confort d'été insuffisant, contre 40,0 % nationalement. Et la population y est plus âgée : 33,6 % d'habitants de 65 ans ou plus, contre 21,3 % en métropole, soit 2 846 personnes.

Ce cumul est le profil de risque le plus défavorable : la vulnérabilité du bâti et la vulnérabilité des occupants s'additionnent au lieu de se compenser.

La population y est en outre nettement plus âgée que la moyenne (33,6 %).

Ce qui rend le sujet urgent

  • En cours d'examen au Parlement. Le projet de loi de relance et de décentralisation du logement fait entrer le confort d'été dans la définition de la rénovation performante. Adopté au Sénat le 8 juillet 2026, il n'est pas encore voté définitivement : examen à l'Assemblée à la rentrée.
  • Déjà obligatoire depuis avril 2024. L'audit énergétique réglementaire impose que les scénarios de travaux visent le confort d'été. L'obligation existe donc avant l'outil de mesure : l'indicateur en degrés-heures n'est attendu qu'en 2028.
  • L'été 2026 a servi d'avertissement. Au moins 2 025 décès supplémentaires en une semaine lors de la canicule de juin, dont 85 % chez les 65 ans et plus, avec une hausse marquée des décès à domicile.

Sources : code de l'environnement (articles L229-26 et R229-51), Sénat, arrêté du 29 décembre 2023, PNACC-3 (mesure 9), Santé publique France. Situation au 22 juillet 2026.

Pourquoi les logements surchauffent ici

La spécificité du territoire est la part de logements non traversants : 30,1 % des logements inconfortables sont concernés, soit 5,1 points de plus que la moyenne nationale (25,0 %). C'est l'écart le plus marqué des cinq critères, et c'est donc l'élément qui distingue ce territoire.

Un logement traversant peut être ventilé la nuit par simple ouverture, sans aucun équipement. À l'inverse, un logement mono-orienté ne dispose d'aucune ventilation naturelle efficace : c'est une contrainte de conception, pratiquement irréversible sur l'existant, qui reporte l'effort sur les protections solaires et le brassage d'air.

Critères manquants chez les logements en confort d'été insuffisant, CC de Portes Sud Périgord
Critère manquantCC de Portes Sud Périgord France métro.Écart
L'absence de brasseurs d'air fixes90,1 %96,7 %−6,6
L'absence de protections solaires extérieures84,9 %85,2 %−0,3
Le déficit d'inertie du bâti73,0 %70,8 %+2,2
La part de logements non traversants30,1 %25,0 %+5,1
L'absence d'isolation de toiture28,3 %42,8 %−14,5

Un point d'appui existe : la toiture. Le territoire affiche 28,3 % de logements inconfortables concernés, contre 42,8 % nationalement, soit 14,5 points de moins. Cet acquis est à préserver dans les programmes à venir plutôt qu'à refaire.

La carte du territoire

53 53 56 56 % insuffisant

Part de logements en confort d'été insuffisant par commune. En gris, les communes dont la base de diagnostics est inférieure à 100, trop faible pour un taux publiable.

Le détail par commune

Le taux de logements en confort d'été insuffisant varie modérément à l'intérieur du territoire, de 53,4 % à Issigeac à 55,5 % à Eymet. Le territoire est homogène, ce qui autorise une politique unique à son échelle.

CommuneInsuffisantBase
Eymet55,5 %607
Issigeac53,4 %118
Faux-en-Périgordn.d.67
Plaisancen.d.55
Saint-Aubin-de-Cadelechn.d.48
Razac-d'Eymetn.d.46
Fonroquen.d.33
Saint-Julien-Innocence-Eulalien.d.33
Saint-Aubin-de-Lanquaisn.d.32
Serres-et-Montguyardn.d.30
Singleyracn.d.29
Saint-Cernin-de-Labarden.d.28
Conne-de-Labarden.d.27
Monsagueln.d.25
Boissen.d.24
Saint-Léon-d'Issigeacn.d.18
Saint-Perdouxn.d.16
Montautn.d.15
Monmadalèsn.d.13
Sadillacn.d.13
Bardoun.d.12
Monmarvèsn.d.8
Saint-Capraise-d'Eymetn.d.7
Sainte-Radegonden.d.7
Faurillesn.d.3

Base : nombre de logements diagnostiqués exploitables. En dessous de 100, aucun taux n'est publié : le classement relatif entre communes est solide, la décimale ne l'est pas.

L'enjeu de santé publique

Le territoire compte 2 846 habitants de 65 ans ou plus, soit 33,6 % de sa population, contre 21,3 % en métropole. L'exposition démographique y est donc nettement supérieure à la moyenne, ce qui déplace le sujet du bâti vers la santé publique.

La part de logement social n'est que de 2,6 % contre 14,5 % nationalement : le levier bailleur est ici étroit, et l'essentiel de l'action devra passer par les aides au parc privé et par l'accompagnement des propriétaires, plus lents à mobiliser. La forte proportion de propriétaires occupants (76,4 % contre 57,6 %) oriente en outre vers les dispositifs d'aide individuelle plutôt que vers la contrainte locative.

Le rapprochement avec les données sanitaires est direct : le bilan de la canicule de juin 2026 publié par Santé publique France fait état d'au moins 2 025 décès supplémentaires en une semaine, dont 85 % chez les 65 ans et plus, avec une hausse marquée des décès à domicile.

Comparaison avec les territoires voisins

TerritoireInsuffisantBase
CC de Portes Sud Périgord54,3 %1 314
CA Le Grand Périgueux34,2 %17 201
CC du Périgord Nontronnais35,3 %2 332
CC Terrassonnais Haut Périgord Noir37,8 %3 051
CC Isle Vern Salembre en Périgord40,4 %2 220
CC Isle-Loue-Auvézère en Périgord42,1 %1 574
CA Bergeracoise43,8 %9 728
CC du Périgord Ribéracois44,4 %2 704
CC du Pays Foyen44,4 %2 565

Questions fréquentes

Combien de logements sont mal protégés contre la chaleur en CC de Portes Sud Périgord ?

Environ 2 200 logements, soit 54,3 % du parc diagnostiqué, présentent un confort d'été insuffisant selon la base des DPE publiée par l'ADEME. La moyenne de la France métropolitaine est de 40,0 %.

Pourquoi les logements de CC de Portes Sud Périgord surchauffent-ils en été ?

La cause la plus sur-représentée ici est la part de logements non traversants, qui concerne 30,1 % des logements inconfortables, soit 5,1 points de plus que la moyenne nationale. Le diagnostic de performance énergétique évalue le confort d'été sur des critères de bâti : isolation de la toiture, protections solaires extérieures, inertie, caractère traversant du logement et présence de brasseurs d'air fixes.

Quels travaux améliorent le confort d'été d'un logement ?

Les protections solaires extérieures (volets, stores, brise-soleil) sont le geste le plus accessible et au meilleur rapport coût-résultat, car elles se posent sans toucher à la structure. L'isolation de la toiture sert l'hiver comme l'été. La ventilation nocturne est gratuite quand le logement est traversant. L'inertie, elle, se corrige difficilement après coup.

Le DPE mesure-t-il vraiment le confort d'été ?

Seulement de façon qualitative, à trois niveaux (bon, moyen, insuffisant), et hors du calcul de l'étiquette A à G. Il ne donne ni température ni durée d'inconfort. Un indicateur en degrés-heures, qui le permettrait, n'est attendu qu'à l'horizon 2028.

Note de méthode et limites

Source. Base « DPE Logements existants depuis juillet 2021 » publiée par l'ADEME sous Licence Ouverte 2.0, millésime du 30 juin 2026, croisée avec le recensement INSEE 2023 (population par âge, résidences principales par statut d'occupation).

Champ de l'indicateur. L'indicateur de confort d'été n'est renseigné que sur 67,9 % des diagnostics au niveau national, et sur 94,1 % ici. Le taux dépend du type de bien : 93 % pour les maisons, 59 % pour les appartements, 5 % pour les immeubles. Les territoires urbains sont donc moins bien couverts que les territoires ruraux.

Biais de couverture. Un diagnostic n'est établi qu'à l'occasion d'une vente ou d'une mise en location. Le parc décrit sur-représente les logements qui ont changé de main depuis juillet 2021 et sous-représente ceux occupés durablement par leur propriétaire — plus souvent des ménages âgés. S'agissant précisément du public le plus vulnérable, cela appelle à la prudence.

Ce que le DPE mesure. L'indicateur est qualitatif, à trois niveaux, établi à partir de critères de bâti (Guide DPE 2024, page 105). Il n'entre pas dans le calcul de l'étiquette A à G, ne mesure pas une température et ne quantifie pas une durée d'inconfort. Il est établi une fois au moment du diagnostic et ne se met pas à jour après un été chaud : ces chiffres décrivent l'état du bâti, pas l'exposition à la chaleur. Vérification faite sur les données, les cinq critères publiés en open data n'expliquent que 75 % des classements — ils sont à lire comme les leviers d'action documentés, non comme la formule de calcul.

Population et logement sont deux agrégats indépendants, joints par territoire. Cette page ne permet pas d'affirmer que telle personne âgée occupe tel logement inconfortable.

Ce document n'est ni un diagnostic de bâtiment, ni une étude thermique, ni un document opposable. Aucune conclusion ne peut en être tirée sur un logement donné.

Passer des constats aux décisions

Vous avez ici l'état du parc de CC de Portes Sud Périgord. Ce que cette page ne peut pas faire, c'est vous dire combien de logements sont concernés dans chaque commune, qui les occupe, et où le problème se concentre — c'est l'objet de l'étude territoriale.

Elle est produite à partir des mêmes données publiques, mises en forme pour être portées devant un conseil ou une commission, et livrée sous une semaine. C'est un état des lieux destiné à cibler une politique publique, pas un diagnostic de bâtiment.

Demander l'étude de CC de Portes Sud Périgord Réponse sous 48 h — sans engagement