Confort d'été — CC de la Lomagne Gersoise : 47,7 % du parc insuffisant

Un parc exposé, une population âgée : deux facteurs qui se cumulent

43 communes, 19 335 habitants

Données ADEME du 30 juin 2026, rapprochées par territoire du recensement INSEE, millésime 2023. Analyse : Miguel Ygonin, ACCES IA.

47,7 %
du parc diagnostiqué en confort d'été insuffisant
France métropolitaine : 40,0 % · médiane des intercommunalités : 43,5 %
4 500
logements concernés, ordre de grandeur
sur 9 333 résidences principales
31,8 %
d'habitants de 65 ans ou plus
France métropolitaine : 21,3 %
32
nuits tropicales cet été
Fleurance · 1er juin au 28 août

Deux facteurs défavorables se cumulent ici. Le parc est plus exposé que la moyenne : 47,7 % des logements diagnostiqués sont en confort d'été insuffisant, contre 40,0 % nationalement. Et la population y est plus âgée : 31,8 % d'habitants de 65 ans ou plus, contre 21,3 % en métropole, soit 6 155 personnes.

Ce cumul est le profil de risque le plus défavorable : la vulnérabilité du bâti et la vulnérabilité des occupants s'additionnent au lieu de se compenser.

La population y est en outre nettement plus âgée que la moyenne (31,8 %).

Ce qui rend le sujet urgent

  • En cours d'examen au Parlement. Le projet de loi de relance et de décentralisation du logement fait entrer le confort d'été dans la définition de la rénovation performante. Adopté au Sénat le 8 juillet 2026, il n'est pas encore voté définitivement : examen à l'Assemblée à la rentrée.
  • Déjà obligatoire. L'audit énergétique réglementaire s'impose à la vente depuis le 1er avril 2023 pour les logements classés F et G, et depuis le 1er janvier 2025 pour la classe E. Depuis le 1er avril 2024, ses propositions de travaux doivent permettre d'atteindre un niveau satisfaisant de confort hygrothermique. L'obligation existe donc avant l'outil de mesure : l'actualisation de l'indicateur de confort d'été n'est attendue qu'à l'horizon 2028.
  • L'été 2026 a servi d'avertissement. Santé publique France estime à 5 764 le nombre de décès en excès entre le 17 juin et le 2 juillet, soit une hausse de 36 %. Les 75 ans et plus en représentent les deux tiers, mais un excès a été observé pour toutes les classes d'âge à partir de 15 ans, et pour tous les lieux de décès, domicile compris.

Sources : code de l'environnement, articles L229-26 et R229-51 (Légifrance) ; Sénat, texte adopté n° 157 (2025-2026) ; arrêté du 29 décembre 2023 modifiant l'arrêté du 4 mai 2022 relatif au contenu de l'audit énergétique réglementaire ; PNACC-3, mesure 9 ; Santé publique France, bilan du 22 juillet 2026. Veille arrêtée au 22 juillet 2026.

Pourquoi les logements surchauffent ici

Le profil du territoire est proche du profil national. Aucun des cinq critères ne s'y distingue nettement de la moyenne : les causes d'inconfort y sont réparties comme ailleurs en France, et la hiérarchie d'action nationale s'applique sans adaptation particulière. C'est une information utile en soi, car elle autorise à s'appuyer sur les retours d'expérience d'autres territoires sans réserve.

Critères manquants chez les logements en confort d'été insuffisant, CC de la Lomagne Gersoise
Critère manquantCC de la Lomagne Gersoise France métro.Écart
L'absence de brasseurs d'air fixes97,0 %96,7 %+0,3
L'absence de protections solaires extérieures85,6 %85,2 %+0,4
Le déficit d'inertie du bâti64,6 %70,8 %−6,2
L'absence d'isolation de toiture27,2 %42,8 %−15,6
La part de logements non traversants15,1 %25,0 %−9,9

Un point d'appui existe : la toiture. Le territoire affiche 27,2 % de logements inconfortables concernés, contre 42,8 % nationalement, soit 15,6 points de moins. Cet acquis est à préserver dans les programmes à venir plutôt qu'à refaire.

La carte du territoire

41 41 50 50 % insuffisant

Part de logements en confort d'été insuffisant par commune. En gris, les communes dont la base de diagnostics est inférieure à 100, trop faible pour un taux publiable.

Le taux par commune

Le taux de logements en confort d'été insuffisant varie modérément d'une commune à l'autre, de 41,0 % (Fleurance) à 50,5 % (Lectoure). Le territoire est homogène, ce qui autorise une politique unique à son échelle.

CommuneInsuffisantBase
Fleurance41,0 %1 000 – 2 500
Lectoure50,5 %500 – 1 000
Montestruc-sur-Gersn.d.100 – 250
La Romieun.d.100 – 250
Miradouxn.d.100 – 250
La Sauvetatn.d.100 – 250
Terrauben.d.100 – 250
Pauilhacn.d.100 – 250
Marsolann.d.100 – 250
Pergain-Taillacn.d.100 – 250
Castéra-Lectouroisn.d.100 – 250
Sainte-Mèren.d.100 – 250
Brugnensn.d.100 – 250
Mas-d'Auvignonn.d.100 – 250
Castelnau-d'Arbieun.d.100 – 250
Cézann.d.100 – 250
Larroque-Engalinn.d.100 – 250
Castet-Arrouyn.d.100 – 250
Sainte-Radegonden.d.100 – 250
Gimbrèden.d.100 – 250
Plieuxn.d.100 – 250
Réjaumontn.d.100 – 250
Urdensn.d.100 – 250
Miramont-Latourn.d.100 – 250
Saint-Mézardn.d.100 – 250
Lagarden.d.100 – 250
Cérann.d.100 – 250
Sempesserren.d.100 – 250
Flamarensn.d.100 – 250
Pouy-Roquelauren.d.100 – 250
Cadeilhann.d.100 – 250
Gavarret-sur-Aulousten.d.100 – 250
Préchacn.d.100 – 250
Saint-Martin-de-Goynen.d.100 – 250
Lamothe-Goasn.d.100 – 250
Pisn.d.100 – 250
Saint-Avit-Frandatn.d.100 – 250
Berracn.d.100 – 250
Goutzn.d.100 – 250
Peyrecaven.d.100 – 250
Puységurn.d.100 – 250
Lalannen.d.100 – 250
Tayboscn.d.100 – 250

Base : ordre de grandeur du nombre de logements diagnostiqués exploitables. En dessous de 100, aucun taux n'est publié : le classement relatif entre communes est solide, la décimale ne l'est pas. Le décompte exact par commune figure dans l'étude territoriale.

L'enjeu de santé publique

Le territoire compte 6 155 habitants de 65 ans ou plus, soit 31,8 % de sa population, contre 21,3 % en métropole. L'exposition démographique y est donc nettement supérieure à la moyenne, ce qui déplace le sujet du bâti vers la santé publique.

La part de logement social n'est que de 5,0 % contre 14,5 % nationalement : le levier bailleur est ici étroit, et l'essentiel de l'action devra passer par les aides au parc privé et par l'accompagnement des propriétaires, plus lents à mobiliser. La forte proportion de propriétaires occupants (68,7 % contre 57,6 %) oriente en outre vers les dispositifs d'aide individuelle plutôt que vers la contrainte locative.

Le rapprochement avec les données sanitaires est direct : le bilan consolidé de la canicule de juin 2026, publié par Santé publique France le 22 juillet 2026, fait état de 5 764 décès en excès entre le 17 juin et le 2 juillet, soit une hausse de 36 %. Les 75 ans et plus en représentent les deux tiers, mais un excès a été observé pour toutes les classes d'âge à partir de 15 ans, et pour tous les lieux de décès, domicile compris.

Comparaison avec les autres intercommunalités du département

TerritoireInsuffisantBase
CC de la Gascogne Toulousaine30,8 %2 013
CA Grand Auch Coeur de Gascogne33,4 %6 294
CC Coeur d'Astarac en Gascogne34,7 %1 119
CC Bastides de Lomagne38,3 %1 278
CC du Grand Armagnac38,5 %2 220
CC de la Tenarèze38,8 %2 300
CC du Saves39,4 %1 102
CC des Coteaux Arrats Gimone41,5 %1 105
CC des Deux Rives46,9 %2 491
CC de la Lomagne Gersoise47,7 %2 543
CC d'Aire-sur-l'Adour48,4 %2 050

Questions fréquentes

CC de la Lomagne Gersoise : combien de logements sont mal protégés contre la chaleur ?

47,7 % des logements diagnostiqués y présentent un confort d'été insuffisant, contre 40,0 % en France métropolitaine, soit 1 212 logements parmi les diagnostics exploitables. Rapporté à l'ensemble du parc, ce taux représente de l'ordre de 4 500 résidences principales sur 9 333. Ce second nombre est une estimation, obtenue en appliquant aux résidences principales le taux observé sur les diagnostics ; ce n'est pas un décompte.

CC de la Lomagne Gersoise : pourquoi les logements y surchauffent-ils en été ?

Aucune cause ne s'y distingue nettement de la moyenne nationale : les facteurs d'inconfort y sont répartis comme ailleurs en France. Le diagnostic de performance énergétique documente cinq critères de bâti : isolation de la toiture, protections solaires extérieures, inertie, caractère traversant du logement et présence de brasseurs d'air fixes. Ces cinq critères sont les leviers d'action documentés, pas la formule de calcul de l'indicateur.

Quels travaux améliorent le confort d'été d'un logement ?

Les protections solaires extérieures (volets, stores, brise-soleil) sont le geste le plus accessible et au meilleur rapport coût-résultat, car elles se posent sans toucher à la structure. L'isolation de la toiture sert l'hiver comme l'été. La ventilation nocturne est gratuite quand le logement est traversant. Les brasseurs d'air fixes sont finançables par MaPrimeRénov' depuis le 1er janvier 2024, mais seulement dans le parcours accompagné, au sein d'une rénovation d'ampleur, et non en geste isolé ; ils n'entrent pas dans le calcul 3CL, donc sans effet sur la note affichée. L'inertie, elle, se corrige difficilement après coup.

Le DPE mesure-t-il vraiment le confort d'été ?

Seulement de façon qualitative, à trois niveaux (bon, moyen, insuffisant), et hors du calcul de l'étiquette A à G. Il ne donne ni température ni durée d'inconfort. L'actualisation de cet indicateur est prévue à l'horizon 2028, une description en degrés-heures comparable à celle de la RE2020 étant l'une des pistes évoquées.

Note de méthode et limites

Source. Base « DPE Logements existants (depuis juillet 2021) » publiée par l'ADEME sous Licence Ouverte 2.0, millésime du 30 juin 2026, rapprochée par territoire du recensement INSEE, millésime 2023 (population par âge, résidences principales par statut d'occupation).

Nuits tropicales. Températures minimales quotidiennes issues de la réanalyse ERA5 du programme européen Copernicus, distribuées par Open-Meteo sous licence CC BY 4.0. Une nuit tropicale est une nuit où la température ne descend pas sous 20 °C, seuil retenu par Météo-France. Le relevé est ponctuel : il porte sur la commune la plus peuplée du territoire, nommée à côté du chiffre, et ne décrit pas l'ensemble du territoire.

Champ de l'indicateur. L'indicateur de confort d'été n'est renseigné que sur 68,6 % des diagnostics au niveau national, et sur 79,6 % ici. Le taux dépend du type de bien : 93 % pour les maisons, 59 % pour les appartements, 5 % pour les immeubles. Les territoires urbains sont donc moins bien couverts que les territoires ruraux. Environ 3 % des diagnostics publiés ne portent pas de code commune exploitable et sont hors de ce périmètre.

Biais de couverture. Un diagnostic n'est établi qu'à l'occasion d'une vente ou d'une mise en location. Le parc décrit sur-représente les logements qui ont changé de main depuis juillet 2021 et sous-représente ceux occupés durablement par leur propriétaire — plus souvent des ménages âgés. S'agissant précisément du public le plus vulnérable, cela appelle à la prudence.

Ce que le DPE mesure. L'indicateur est qualitatif, à trois niveaux, et le Guide DPE Logements, version 3 de juillet 2024, page 104, en documente cinq critères de bâti. Il n'entre pas dans le calcul de l'étiquette A à G, ne mesure pas une température et ne quantifie pas une durée d'inconfort. Il est établi une fois au moment du diagnostic et ne se met pas à jour après un été chaud : ces chiffres ne suivront donc pas le réchauffement, alors que l'inconfort réellement vécu, lui, augmentera. Vérification faite sur les données, les cinq critères publiés en open data n'expliquent que 75,1 % des classements : ils sont à lire comme les leviers d'action documentés, non comme la formule de calcul. À caractéristiques de bâti strictement identiques, le classement varie encore selon la zone climatique et l'altitude.

Deux repères, et non un seul. Le taux national de 40,0 % est une moyenne pondérée par les logements : elle décrit le parc français, où les grandes aires urbaines pèsent lourd. La médiane des intercommunalités, elle, se situe à 43,5 %. Comparer un territoire au seul taux national conduit à qualifier d'« au-dessus de la moyenne » près des deux tiers des intercommunalités, ce qui n'apprend rien. Les deux repères sont donc donnés ensemble.

La composition du parc pèse sur le résultat. Les maisons sont plus souvent classées insuffisantes que les logements collectifs. Mesuré sur les intercommunalités publiées : +2,0 points de logements insuffisants pour +10 points de maisons, la seule composition du parc expliquant environ un quart des écarts entre territoires. Un territoire rural n'est donc pas « moins bien géré » qu'un territoire urbain : il a un parc différent. Les comparaisons de cette page sont brutes, non corrigées de cet effet.

Population et logement sont deux agrégats indépendants, joints par territoire. Cette page ne permet pas d'affirmer que telle personne âgée occupe tel logement inconfortable.

Ce document n'est ni un diagnostic de bâtiment, ni une étude thermique, ni un document opposable. Aucune conclusion ne peut en être tirée sur un logement donné.

Passer des constats aux décisions

Vous avez ici l'état du parc — CC de la Lomagne Gersoise. Ce que cette page ne peut pas faire, c'est vous dire combien de logements sont concernés dans chaque commune, et quelles communes cumulent le volume et une population âgée — c'est l'objet de l'étude territoriale.

Elle est produite à partir des mêmes données publiques, mises en forme pour être portées devant un conseil ou une commission, et livrée sous une semaine : les données sont publiques et déjà consolidées, ce délai sert à la relecture et au contrôle du document avant qu'il vous parvienne. C'est un état des lieux destiné à cibler une politique publique, pas un diagnostic de bâtiment.

Demander l'étude — CC de la Lomagne Gersoise Réponse sous 48 h — sans engagement