Un parc exposé, une population âgée : deux facteurs qui se cumulent — 51,7 % du parc insuffisant

CC Champsaur-Valgaudemar — 25 communes, 11 683 habitants

Données ADEME du 30 juin 2026, croisées avec le recensement INSEE 2023.

51,7 %
du parc diagnostiqué en confort d'été insuffisant
France métropolitaine : 40,0 %
2 800
logements concernés, ordre de grandeur
sur 5 498 résidences principales
27,9 %
d'habitants de 65 ans ou plus
France métropolitaine : 21,3 %

Deux facteurs défavorables se cumulent ici. Le parc est plus exposé que la moyenne : 51,7 % des logements diagnostiqués sont en confort d'été insuffisant, contre 40,0 % nationalement. Et la population y est plus âgée : 27,9 % d'habitants de 65 ans ou plus, contre 21,3 % en métropole, soit 3 256 personnes.

Ce cumul est le profil de risque le plus défavorable : la vulnérabilité du bâti et la vulnérabilité des occupants s'additionnent au lieu de se compenser.

Ce qui rend le sujet urgent

  • En cours d'examen au Parlement. Le projet de loi de relance et de décentralisation du logement fait entrer le confort d'été dans la définition de la rénovation performante. Adopté au Sénat le 8 juillet 2026, il n'est pas encore voté définitivement : examen à l'Assemblée à la rentrée.
  • Déjà obligatoire depuis avril 2024. L'audit énergétique réglementaire impose que les scénarios de travaux visent le confort d'été. L'obligation existe donc avant l'outil de mesure : l'indicateur en degrés-heures n'est attendu qu'en 2028.
  • L'été 2026 a servi d'avertissement. Au moins 2 025 décès supplémentaires en une semaine lors de la canicule de juin, dont 85 % chez les 65 ans et plus, avec une hausse marquée des décès à domicile.

Sources : code de l'environnement (articles L229-26 et R229-51), Sénat, arrêté du 29 décembre 2023, PNACC-3 (mesure 9), Santé publique France. Situation au 22 juillet 2026.

Pourquoi les logements surchauffent ici

La spécificité du territoire est la part de logements non traversants : 40,2 % des logements inconfortables sont concernés, soit 15,2 points de plus que la moyenne nationale (25,0 %). C'est l'écart le plus marqué des cinq critères, et c'est donc l'élément qui distingue ce territoire.

Un logement traversant peut être ventilé la nuit par simple ouverture, sans aucun équipement. À l'inverse, un logement mono-orienté ne dispose d'aucune ventilation naturelle efficace : c'est une contrainte de conception, pratiquement irréversible sur l'existant, qui reporte l'effort sur les protections solaires et le brassage d'air.

Critères manquants chez les logements en confort d'été insuffisant, CC Champsaur-Valgaudemar
Critère manquantCC Champsaur-Valgaudemar France métro.Écart
L'absence de brasseurs d'air fixes99,4 %96,7 %+2,7
L'absence de protections solaires extérieures90,3 %85,2 %+5,1
Le déficit d'inertie du bâti64,5 %70,8 %−6,3
L'absence d'isolation de toiture45,6 %42,8 %+2,8
La part de logements non traversants40,2 %25,0 %+15,2

La carte du territoire

42 44 48 54 % insuffisant

Part de logements en confort d'été insuffisant par commune. En gris, les communes dont la base de diagnostics est inférieure à 100, trop faible pour un taux publiable.

Le détail par commune

Le taux de logements en confort d'été insuffisant varie de près de moitié à l'intérieur du territoire, de 36,5 % à Saint-Léger-les-Mélèzes à 60,5 % à Orcières. Une politique uniforme à l'échelle du territoire manquerait donc sa cible : c'est le niveau communal qui doit porter le ciblage.

CommuneInsuffisantBase
Orcières60,5 %676
Saint-Bonnet-en-Champsaur42,3 %355
Ancelle48,4 %289
Saint-Léger-les-Mélèzes36,5 %170
Saint-Michel-de-Chaillol44,5 %137
Saint-Jean-Saint-Nicolas48,1 %131
Laye53,8 %104
Chabottesn.d.91
Saint-Firminn.d.80
La Fare-en-Champsaurn.d.67
Saint-Laurent-du-Crosn.d.66
Aubessagnen.d.50
Saint-Julien-en-Champsaurn.d.43
La Chapelle-en-Valgaudémarn.d.42
Polignyn.d.39
Forest-Saint-Julienn.d.32
Le Noyern.d.31
Aspres-lès-Corpsn.d.19
Buissardn.d.19
La Motte-en-Champsaurn.d.19
Saint-Maurice-en-Valgodemardn.d.18
Saint-Jacques-en-Valgodemardn.d.17
Champoléonn.d.14
Le Glaiziln.d.11
Villar-Loubièren.d.3

Base : nombre de logements diagnostiqués exploitables. En dessous de 100, aucun taux n'est publié : le classement relatif entre communes est solide, la décimale ne l'est pas.

L'enjeu de santé publique

Le territoire compte 3 256 habitants de 65 ans ou plus, soit 27,9 % de sa population, contre 21,3 % en métropole. L'exposition démographique y est donc nettement supérieure à la moyenne, ce qui déplace le sujet du bâti vers la santé publique.

La part de logement social n'est que de 2,8 % contre 14,5 % nationalement : le levier bailleur est ici étroit, et l'essentiel de l'action devra passer par les aides au parc privé et par l'accompagnement des propriétaires, plus lents à mobiliser. La forte proportion de propriétaires occupants (73,5 % contre 57,6 %) oriente en outre vers les dispositifs d'aide individuelle plutôt que vers la contrainte locative.

Le rapprochement avec les données sanitaires est direct : le bilan de la canicule de juin 2026 publié par Santé publique France fait état d'au moins 2 025 décès supplémentaires en une semaine, dont 85 % chez les 65 ans et plus, avec une hausse marquée des décès à domicile.

Comparaison avec les territoires voisins

TerritoireInsuffisantBase
CC Champsaur-Valgaudemar51,7 %2 523
CC Buëch-Dévoluy38,1 %2 046
CC du Briançonnais48,0 %4 440
CC du Pays des Ecrins52,1 %1 387
CC du Guillestrois et du Queyras57,5 %2 372

Questions fréquentes

Combien de logements sont mal protégés contre la chaleur en CC Champsaur-Valgaudemar ?

Environ 2 800 logements, soit 51,7 % du parc diagnostiqué, présentent un confort d'été insuffisant selon la base des DPE publiée par l'ADEME. La moyenne de la France métropolitaine est de 40,0 %.

Pourquoi les logements de CC Champsaur-Valgaudemar surchauffent-ils en été ?

La cause la plus sur-représentée ici est la part de logements non traversants, qui concerne 40,2 % des logements inconfortables, soit 15,2 points de plus que la moyenne nationale. Le diagnostic de performance énergétique évalue le confort d'été sur des critères de bâti : isolation de la toiture, protections solaires extérieures, inertie, caractère traversant du logement et présence de brasseurs d'air fixes.

Quels travaux améliorent le confort d'été d'un logement ?

Les protections solaires extérieures (volets, stores, brise-soleil) sont le geste le plus accessible et au meilleur rapport coût-résultat, car elles se posent sans toucher à la structure. L'isolation de la toiture sert l'hiver comme l'été. La ventilation nocturne est gratuite quand le logement est traversant. L'inertie, elle, se corrige difficilement après coup.

Le DPE mesure-t-il vraiment le confort d'été ?

Seulement de façon qualitative, à trois niveaux (bon, moyen, insuffisant), et hors du calcul de l'étiquette A à G. Il ne donne ni température ni durée d'inconfort. Un indicateur en degrés-heures, qui le permettrait, n'est attendu qu'à l'horizon 2028.

Note de méthode et limites

Source. Base « DPE Logements existants depuis juillet 2021 » publiée par l'ADEME sous Licence Ouverte 2.0, millésime du 30 juin 2026, croisée avec le recensement INSEE 2023 (population par âge, résidences principales par statut d'occupation).

Champ de l'indicateur. L'indicateur de confort d'été n'est renseigné que sur 67,9 % des diagnostics au niveau national, et sur 75,3 % ici. Le taux dépend du type de bien : 93 % pour les maisons, 59 % pour les appartements, 5 % pour les immeubles. Les territoires urbains sont donc moins bien couverts que les territoires ruraux.

Biais de couverture. Un diagnostic n'est établi qu'à l'occasion d'une vente ou d'une mise en location. Le parc décrit sur-représente les logements qui ont changé de main depuis juillet 2021 et sous-représente ceux occupés durablement par leur propriétaire — plus souvent des ménages âgés. S'agissant précisément du public le plus vulnérable, cela appelle à la prudence.

Ce que le DPE mesure. L'indicateur est qualitatif, à trois niveaux, établi à partir de critères de bâti (Guide DPE 2024, page 105). Il n'entre pas dans le calcul de l'étiquette A à G, ne mesure pas une température et ne quantifie pas une durée d'inconfort. Il est établi une fois au moment du diagnostic et ne se met pas à jour après un été chaud : ces chiffres décrivent l'état du bâti, pas l'exposition à la chaleur. Vérification faite sur les données, les cinq critères publiés en open data n'expliquent que 75 % des classements — ils sont à lire comme les leviers d'action documentés, non comme la formule de calcul.

Population et logement sont deux agrégats indépendants, joints par territoire. Cette page ne permet pas d'affirmer que telle personne âgée occupe tel logement inconfortable.

Ce document n'est ni un diagnostic de bâtiment, ni une étude thermique, ni un document opposable. Aucune conclusion ne peut en être tirée sur un logement donné.

Passer des constats aux décisions

Vous avez ici l'état du parc de CC Champsaur-Valgaudemar. Ce que cette page ne peut pas faire, c'est vous dire combien de logements sont concernés dans chaque commune, qui les occupe, et où le problème se concentre — c'est l'objet de l'étude territoriale.

Elle est produite à partir des mêmes données publiques, mises en forme pour être portées devant un conseil ou une commission, et livrée sous une semaine. C'est un état des lieux destiné à cibler une politique publique, pas un diagnostic de bâtiment.

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