Un parc social important, donc un levier d'action rare — 39,7 % du parc insuffisant

CA Roissy Pays de France — 42 communes, 367 808 habitants

Données ADEME du 30 juin 2026, croisées avec le recensement INSEE 2023.

39,7 %
du parc diagnostiqué en confort d'été insuffisant
France métropolitaine : 40,0 %
52 900
logements concernés, ordre de grandeur
sur 133 203 résidences principales
12,5 %
d'habitants de 65 ans ou plus
France métropolitaine : 21,3 %

Le territoire présente une caractéristique rare et favorable à l'action : 28,6 % de son parc de résidences principales relève du logement social, contre 14,5 % en moyenne nationale.

C'est un levier que la plupart des territoires n'ont pas. Une décision unique, prise par un opérateur unique, y porte sur des milliers de logements — là où le parc privé suppose de convaincre autant de décideurs qu'il y a de propriétaires. Le confort d'été y est donc un sujet de programmation, pas seulement d'incitation.

S'y ajoute un fort contraste interne, de 24,3 % à Gonesse jusqu'à 49,9 % à Sarcelles.

Ce qui rend le sujet urgent

  • En cours d'examen au Parlement. Le projet de loi de relance et de décentralisation du logement fait entrer le confort d'été dans la définition de la rénovation performante. Adopté au Sénat le 8 juillet 2026, il n'est pas encore voté définitivement : examen à l'Assemblée à la rentrée.
  • Le PCAET, déjà obligatoire ici. Au-delà de 20 000 habitants, il s'impose et se met à jour tous les six ans (article L229-26 du code de l'environnement). Son diagnostic doit comporter une analyse de la vulnérabilité du territoire aux effets du changement climatique et citer ses sources pour chaque élément (article R229-51, 6°, en vigueur au 1er janvier 2026). Le parc de logements y est rarement documenté, faute de données territoriales disponibles.
  • Déjà obligatoire depuis avril 2024. L'audit énergétique réglementaire impose que les scénarios de travaux visent le confort d'été. L'obligation existe donc avant l'outil de mesure : l'indicateur en degrés-heures n'est attendu qu'en 2028.
  • L'été 2026 a servi d'avertissement. Au moins 2 025 décès supplémentaires en une semaine lors de la canicule de juin, dont 85 % chez les 65 ans et plus, avec une hausse marquée des décès à domicile.

Sources : code de l'environnement (articles L229-26 et R229-51), Sénat, arrêté du 29 décembre 2023, PNACC-3 (mesure 9), Santé publique France. Situation au 22 juillet 2026.

Pourquoi les logements surchauffent ici

Le profil du territoire est proche du profil national. Aucun des cinq critères ne s'y distingue nettement de la moyenne : les causes d'inconfort y sont réparties comme ailleurs en France, et la hiérarchie d'action nationale s'applique sans adaptation particulière. C'est une information utile en soi, car elle autorise à s'appuyer sur les retours d'expérience d'autres territoires sans réserve.

Critères manquants chez les logements en confort d'été insuffisant, CA Roissy Pays de France
Critère manquantCA Roissy Pays de France France métro.Écart
L'absence de brasseurs d'air fixes98,7 %96,7 %+2,0
L'absence de protections solaires extérieures80,4 %85,2 %−4,8
Le déficit d'inertie du bâti65,2 %70,8 %−5,6
L'absence d'isolation de toiture38,0 %42,8 %−4,8
La part de logements non traversants22,9 %25,0 %−2,1

La carte du territoire

32 36 45 49 % insuffisant

Part de logements en confort d'été insuffisant par commune. En gris, les communes dont la base de diagnostics est inférieure à 100, trop faible pour un taux publiable.

Le détail par commune

Le taux de logements en confort d'été insuffisant varie du simple au double à l'intérieur du territoire, de 24,3 % à Gonesse à 49,9 % à Sarcelles. Une politique uniforme à l'échelle du territoire manquerait donc sa cible : c'est le niveau communal qui doit porter le ciblage.

CommuneInsuffisantBase
Sarcelles49,9 %4 667
Villeparisis34,4 %3 274
Gonesse24,3 %2 638
Goussainville44,7 %2 402
Garges-lès-Gonesse40,1 %2 326
Villiers-le-Bel44,7 %2 298
Mitry-Mory38,1 %1 937
Claye-Souilly30,2 %1 524
Dammartin-en-Goële35,3 %1 460
Arnouville44,7 %1 353
Roissy-en-France29,6 %1 182
Louvres36,0 %1 079
Écouen47,7 %794
Fosses49,0 %786
Survilliers31,7 %562
Marly-la-Ville49,6 %502
Othis29,0 %493
Le Thillay44,9 %459
Saint-Mard32,8 %351
Vémars34,8 %342
Longperrier38,3 %295
Puiseux-en-France56,3 %295
Moussy-le-Neuf25,1 %271
Fontenay-en-Parisis53,2 %222
Saint-Witz60,6 %221
Villeron26,2 %210
Moussy-le-Vieux45,4 %207
Juilly37,6 %157
Le Mesnil-Amelot35,2 %142
Bonneuil-en-France49,3 %134
Villeneuve-sous-Dammartin35,9 %128
Thieuxn.d.95
Le Mesnil-Aubryn.d.76
Rouvresn.d.73
Gressyn.d.61
Compansn.d.46
Bouquevaln.d.31
Chennevières-lès-Louvresn.d.27
Mauregardn.d.26
Le Plessis-Gassotn.d.16
Épiais-lès-Louvresn.d.13
Vaudherlandn.d.7

Base : nombre de logements diagnostiqués exploitables. En dessous de 100, aucun taux n'est publié : le classement relatif entre communes est solide, la décimale ne l'est pas.

L'enjeu de santé publique

Le territoire compte 46 038 habitants de 65 ans ou plus, soit 12,5 % de sa population, contre 21,3 % en métropole. L'exposition démographique y est donc inférieure à la moyenne nationale, ce qui atténue l'enjeu sanitaire sans le supprimer.

La part de logement social, à 28,6 % contre 14,5 % nationalement, est un atout d'action : ces logements relèvent d'une programmation pilotable par un opérateur unique, là où le parc privé suppose de convaincre des milliers de décideurs individuels.

Le rapprochement avec les données sanitaires est direct : le bilan de la canicule de juin 2026 publié par Santé publique France fait état d'au moins 2 025 décès supplémentaires en une semaine, dont 85 % chez les 65 ans et plus, avec une hausse marquée des décès à domicile.

Comparaison avec les territoires voisins

TerritoireInsuffisantBase
CA Roissy Pays de France39,7 %33 182
CA Val d'Europe Agglomération30,1 %6 952
CA Marne et Gondoire31,6 %14 679
CC l'Orée de la Brie32,9 %3 548
CA Paris - Vallée de la Marne33,4 %25 629
CA Grand Paris Sud Seine Essonne Sénart36,2 %44 509
CC Les Portes Briardes Entre Villes et Forêts39,0 %4 566
CA du Pays de Meaux40,1 %13 376
CC Brie Nangissienne42,2 %3 020

Questions fréquentes

Combien de logements sont mal protégés contre la chaleur en CA Roissy Pays de France ?

Environ 52 900 logements, soit 39,7 % du parc diagnostiqué, présentent un confort d'été insuffisant selon la base des DPE publiée par l'ADEME. La moyenne de la France métropolitaine est de 40,0 %.

Pourquoi les logements de CA Roissy Pays de France surchauffent-ils en été ?

Aucune cause ne s'y distingue nettement de la moyenne nationale : les facteurs d'inconfort y sont répartis comme ailleurs en France. Le diagnostic de performance énergétique évalue le confort d'été sur des critères de bâti : isolation de la toiture, protections solaires extérieures, inertie, caractère traversant du logement et présence de brasseurs d'air fixes.

Quels travaux améliorent le confort d'été d'un logement ?

Les protections solaires extérieures (volets, stores, brise-soleil) sont le geste le plus accessible et au meilleur rapport coût-résultat, car elles se posent sans toucher à la structure. L'isolation de la toiture sert l'hiver comme l'été. La ventilation nocturne est gratuite quand le logement est traversant. L'inertie, elle, se corrige difficilement après coup.

Le DPE mesure-t-il vraiment le confort d'été ?

Seulement de façon qualitative, à trois niveaux (bon, moyen, insuffisant), et hors du calcul de l'étiquette A à G. Il ne donne ni température ni durée d'inconfort. Un indicateur en degrés-heures, qui le permettrait, n'est attendu qu'à l'horizon 2028.

Note de méthode et limites

Source. Base « DPE Logements existants depuis juillet 2021 » publiée par l'ADEME sous Licence Ouverte 2.0, millésime du 30 juin 2026, croisée avec le recensement INSEE 2023 (population par âge, résidences principales par statut d'occupation).

Champ de l'indicateur. L'indicateur de confort d'été n'est renseigné que sur 67,9 % des diagnostics au niveau national, et sur 45,5 % ici. Le taux dépend du type de bien : 93 % pour les maisons, 59 % pour les appartements, 5 % pour les immeubles. Les territoires urbains sont donc moins bien couverts que les territoires ruraux.

Biais de couverture. Un diagnostic n'est établi qu'à l'occasion d'une vente ou d'une mise en location. Le parc décrit sur-représente les logements qui ont changé de main depuis juillet 2021 et sous-représente ceux occupés durablement par leur propriétaire — plus souvent des ménages âgés. S'agissant précisément du public le plus vulnérable, cela appelle à la prudence.

Ce que le DPE mesure. L'indicateur est qualitatif, à trois niveaux, établi à partir de critères de bâti (Guide DPE 2024, page 105). Il n'entre pas dans le calcul de l'étiquette A à G, ne mesure pas une température et ne quantifie pas une durée d'inconfort. Il est établi une fois au moment du diagnostic et ne se met pas à jour après un été chaud : ces chiffres décrivent l'état du bâti, pas l'exposition à la chaleur. Vérification faite sur les données, les cinq critères publiés en open data n'expliquent que 75 % des classements — ils sont à lire comme les leviers d'action documentés, non comme la formule de calcul.

Population et logement sont deux agrégats indépendants, joints par territoire. Cette page ne permet pas d'affirmer que telle personne âgée occupe tel logement inconfortable.

Ce document n'est ni un diagnostic de bâtiment, ni une étude thermique, ni un document opposable. Aucune conclusion ne peut en être tirée sur un logement donné.

Passer des constats aux décisions

Vous avez ici l'état du parc de CA Roissy Pays de France. Ce que cette page ne peut pas faire, c'est vous dire combien de logements sont concernés dans chaque commune, qui les occupe, et où le problème se concentre — c'est l'objet de l'étude territoriale.

Elle est produite à partir des mêmes données publiques, mises en forme pour être portées devant un conseil ou une commission, et livrée sous une semaine. C'est un état des lieux destiné à cibler une politique publique, pas un diagnostic de bâtiment.

Demander l'étude de CA Roissy Pays de France Réponse sous 48 h — sans engagement