Un territoire à deux vitesses face à la chaleur — 42,4 % du parc insuffisant
CA Melun Val de Seine — 20 communes, 142 622 habitants
La moyenne du territoire, 42,4 %, masque un écart considérable entre ses communes : de 23,7 % à La Rochette jusqu'à 60,4 % à Boissise-le-Roi, soit un rapport de un à 2,5.
C'est le fait marquant de ce territoire. Toute politique conçue sur la moyenne manquera simultanément les deux extrémités : surdimensionnée là où le parc est correct, insuffisante là où il ne l'est pas.
Le territoire dispose par ailleurs d'un parc social important (26,5 %), qui offre un levier de programmation directe.
Ce qui rend le sujet urgent
- En cours d'examen au Parlement. Le projet de loi de relance et de décentralisation du logement fait entrer le confort d'été dans la définition de la rénovation performante. Adopté au Sénat le 8 juillet 2026, il n'est pas encore voté définitivement : examen à l'Assemblée à la rentrée.
- Le PCAET, déjà obligatoire ici. Au-delà de 20 000 habitants, il s'impose et se met à jour tous les six ans (article L229-26 du code de l'environnement). Son diagnostic doit comporter une analyse de la vulnérabilité du territoire aux effets du changement climatique et citer ses sources pour chaque élément (article R229-51, 6°, en vigueur au 1er janvier 2026). Le parc de logements y est rarement documenté, faute de données territoriales disponibles.
- Déjà obligatoire depuis avril 2024. L'audit énergétique réglementaire impose que les scénarios de travaux visent le confort d'été. L'obligation existe donc avant l'outil de mesure : l'indicateur en degrés-heures n'est attendu qu'en 2028.
- L'été 2026 a servi d'avertissement. Au moins 2 025 décès supplémentaires en une semaine lors de la canicule de juin, dont 85 % chez les 65 ans et plus, avec une hausse marquée des décès à domicile.
Sources : code de l'environnement (articles L229-26 et R229-51), Sénat, arrêté du 29 décembre 2023, PNACC-3 (mesure 9), Santé publique France. Situation au 22 juillet 2026.
Pourquoi les logements surchauffent ici
La spécificité du territoire est l'absence de protections solaires extérieures : 91,8 % des logements inconfortables sont concernés, soit 6,6 points de plus que la moyenne nationale (85,2 %). C'est l'écart le plus marqué des cinq critères, et c'est donc l'élément qui distingue ce territoire.
Les protections solaires extérieures — volets, stores, brise-soleil — sont le premier levier d'action du confort d'été, et le plus accessible : elles se posent sans toucher à la structure. C'est aussi le geste dont le rapport coût-résultat est le plus favorable.
| Critère manquant | CA Melun Val de Seine | France métro. | Écart |
|---|---|---|---|
| L'absence de brasseurs d'air fixes | 97,8 % | 96,7 % | +1,1 |
| L'absence de protections solaires extérieures | 91,8 % | 85,2 % | +6,6 |
| Le déficit d'inertie du bâti | 58,1 % | 70,8 % | −12,7 |
| L'absence d'isolation de toiture | 43,6 % | 42,8 % | +0,8 |
| La part de logements non traversants | 23,3 % | 25,0 % | −1,7 |
La carte du territoire
Part de logements en confort d'été insuffisant par commune. En gris, les communes dont la base de diagnostics est inférieure à 100, trop faible pour un taux publiable.
Le détail par commune
Le taux de logements en confort d'été insuffisant varie du simple au double à l'intérieur du territoire, de 23,7 % à La Rochette à 60,4 % à Boissise-le-Roi. Une politique uniforme à l'échelle du territoire manquerait donc sa cible : c'est le niveau communal qui doit porter le ciblage.
| Commune | Insuffisant | Base |
|---|---|---|
| Melun | 40,9 % | 6 716 |
| Dammarie-les-Lys | 34,0 % | 2 361 |
| Le Mée-sur-Seine | 48,0 % | 2 248 |
| Saint-Fargeau-Ponthierry | 40,7 % | 1 866 |
| Vaux-le-Pénil | 44,9 % | 1 042 |
| La Rochette | 23,7 % | 710 |
| Pringy | 47,8 % | 395 |
| Boissise-le-Roi | 60,4 % | 386 |
| Maincy | 66,0 % | 212 |
| Rubelles | 50,0 % | 206 |
| Seine-Port | 62,3 % | 167 |
| Livry-sur-Seine | 63,1 % | 160 |
| Boissise-la-Bertrand | n.d. | 96 |
| Voisenon | n.d. | 78 |
| Saint-Germain-Laxis | n.d. | 73 |
| Boissettes | n.d. | 66 |
| Montereau-sur-le-Jard | n.d. | 50 |
| Limoges-Fourches | n.d. | 49 |
| Villiers-en-Bière | n.d. | 29 |
| Lissy | n.d. | 21 |
Base : nombre de logements diagnostiqués exploitables. En dessous de 100, aucun taux n'est publié : le classement relatif entre communes est solide, la décimale ne l'est pas.
L'enjeu de santé publique
Le territoire compte 21 652 habitants de 65 ans ou plus, soit 15,2 % de sa population, contre 21,3 % en métropole. L'exposition démographique y est donc inférieure à la moyenne nationale, ce qui atténue l'enjeu sanitaire sans le supprimer.
La part de logement social, à 26,5 % contre 14,5 % nationalement, est un atout d'action : ces logements relèvent d'une programmation pilotable par un opérateur unique, là où le parc privé suppose de convaincre des milliers de décideurs individuels.
Le rapprochement avec les données sanitaires est direct : le bilan de la canicule de juin 2026 publié par Santé publique France fait état d'au moins 2 025 décès supplémentaires en une semaine, dont 85 % chez les 65 ans et plus, avec une hausse marquée des décès à domicile.
Comparaison avec les territoires voisins
| Territoire | Insuffisant | Base |
|---|---|---|
| CA Melun Val de Seine | 42,4 % | 16 931 |
| CA Val d'Europe Agglomération | 30,1 % | 6 952 |
| CA Marne et Gondoire | 31,6 % | 14 679 |
| CC l'Orée de la Brie | 32,9 % | 3 548 |
| CA Paris - Vallée de la Marne | 33,4 % | 25 629 |
| CA Grand Paris Sud Seine Essonne Sénart | 36,2 % | 44 509 |
| CC Les Portes Briardes Entre Villes et Forêts | 39,0 % | 4 566 |
| CA Roissy Pays de France | 39,7 % | 33 182 |
| CA du Pays de Meaux | 40,1 % | 13 376 |
Questions fréquentes
Combien de logements sont mal protégés contre la chaleur en CA Melun Val de Seine ?
Environ 25 200 logements, soit 42,4 % du parc diagnostiqué, présentent un confort d'été insuffisant selon la base des DPE publiée par l'ADEME. La moyenne de la France métropolitaine est de 40,0 %.
Pourquoi les logements de CA Melun Val de Seine surchauffent-ils en été ?
La cause la plus sur-représentée ici est l'absence de protections solaires extérieures, qui concerne 91,8 % des logements inconfortables, soit 6,6 points de plus que la moyenne nationale. Le diagnostic de performance énergétique évalue le confort d'été sur des critères de bâti : isolation de la toiture, protections solaires extérieures, inertie, caractère traversant du logement et présence de brasseurs d'air fixes.
Quels travaux améliorent le confort d'été d'un logement ?
Les protections solaires extérieures (volets, stores, brise-soleil) sont le geste le plus accessible et au meilleur rapport coût-résultat, car elles se posent sans toucher à la structure. L'isolation de la toiture sert l'hiver comme l'été. La ventilation nocturne est gratuite quand le logement est traversant. L'inertie, elle, se corrige difficilement après coup.
Le DPE mesure-t-il vraiment le confort d'été ?
Seulement de façon qualitative, à trois niveaux (bon, moyen, insuffisant), et hors du calcul de l'étiquette A à G. Il ne donne ni température ni durée d'inconfort. Un indicateur en degrés-heures, qui le permettrait, n'est attendu qu'à l'horizon 2028.
Note de méthode et limites
Source. Base « DPE Logements existants depuis juillet 2021 » publiée par l'ADEME sous Licence Ouverte 2.0, millésime du 30 juin 2026, croisée avec le recensement INSEE 2023 (population par âge, résidences principales par statut d'occupation).
Champ de l'indicateur. L'indicateur de confort d'été n'est renseigné que sur 67,9 % des diagnostics au niveau national, et sur 58,3 % ici. Le taux dépend du type de bien : 93 % pour les maisons, 59 % pour les appartements, 5 % pour les immeubles. Les territoires urbains sont donc moins bien couverts que les territoires ruraux.
Biais de couverture. Un diagnostic n'est établi qu'à l'occasion d'une vente ou d'une mise en location. Le parc décrit sur-représente les logements qui ont changé de main depuis juillet 2021 et sous-représente ceux occupés durablement par leur propriétaire — plus souvent des ménages âgés. S'agissant précisément du public le plus vulnérable, cela appelle à la prudence.
Ce que le DPE mesure. L'indicateur est qualitatif, à trois niveaux, établi à partir de critères de bâti (Guide DPE 2024, page 105). Il n'entre pas dans le calcul de l'étiquette A à G, ne mesure pas une température et ne quantifie pas une durée d'inconfort. Il est établi une fois au moment du diagnostic et ne se met pas à jour après un été chaud : ces chiffres décrivent l'état du bâti, pas l'exposition à la chaleur. Vérification faite sur les données, les cinq critères publiés en open data n'expliquent que 75 % des classements — ils sont à lire comme les leviers d'action documentés, non comme la formule de calcul.
Population et logement sont deux agrégats indépendants, joints par territoire. Cette page ne permet pas d'affirmer que telle personne âgée occupe tel logement inconfortable.
Ce document n'est ni un diagnostic de bâtiment, ni une étude thermique, ni un document opposable. Aucune conclusion ne peut en être tirée sur un logement donné.
Passer des constats aux décisions
Vous avez ici l'état du parc de CA Melun Val de Seine. Ce que cette page ne peut pas faire, c'est vous dire combien de logements sont concernés dans chaque commune, qui les occupe, et où le problème se concentre — c'est l'objet de l'étude territoriale.
Elle est produite à partir des mêmes données publiques, mises en forme pour être portées devant un conseil ou une commission, et livrée sous une semaine. C'est un état des lieux destiné à cibler une politique publique, pas un diagnostic de bâtiment.
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