Un parc mieux placé que la moyenne, un chantier qui reste entier — 35,5 % du parc insuffisant
Vendée — 19 intercommunalités, 713 609 habitants
Le territoire est mieux placé que la moyenne nationale : 35,5 % de son parc diagnostiqué présente un confort d'été insuffisant, contre 40,0 % en France métropolitaine. Ce classement favorable ne dit pourtant rien de l'ampleur du chantier. En volume, 115 900 logements sont concernés, et la population exposée y est plus âgée qu'ailleurs : 26,5 % d'habitants de 65 ans ou plus, contre 21,3 % en métropole.
C'est cette combinaison, et non le taux seul, qui définit l'enjeu : être mieux classé que la moyenne ne veut pas dire avoir peu de logements à traiter.
Ce qui rend le sujet urgent
- En cours d'examen au Parlement. Le projet de loi de relance et de décentralisation du logement fait entrer le confort d'été dans la définition de la rénovation performante. Adopté au Sénat le 8 juillet 2026, il n'est pas encore voté définitivement : examen à l'Assemblée à la rentrée.
- Le PCAET, déjà obligatoire ici. Au-delà de 20 000 habitants, il s'impose et se met à jour tous les six ans (article L229-26 du code de l'environnement). Son diagnostic doit comporter une analyse de la vulnérabilité du territoire aux effets du changement climatique et citer ses sources pour chaque élément (article R229-51, 6°, en vigueur au 1er janvier 2026). Le parc de logements y est rarement documenté, faute de données territoriales disponibles.
- Déjà obligatoire depuis avril 2024. L'audit énergétique réglementaire impose que les scénarios de travaux visent le confort d'été. L'obligation existe donc avant l'outil de mesure : l'indicateur en degrés-heures n'est attendu qu'en 2028.
- L'été 2026 a servi d'avertissement. Au moins 2 025 décès supplémentaires en une semaine lors de la canicule de juin, dont 85 % chez les 65 ans et plus, avec une hausse marquée des décès à domicile.
Sources : code de l'environnement (articles L229-26 et R229-51), Sénat, arrêté du 29 décembre 2023, PNACC-3 (mesure 9), Santé publique France. Situation au 22 juillet 2026.
Pourquoi les logements surchauffent ici
La spécificité du territoire est l'absence de protections solaires extérieures : 92,3 % des logements inconfortables sont concernés, soit 7,1 points de plus que la moyenne nationale (85,2 %). C'est l'écart le plus marqué des cinq critères, et c'est donc l'élément qui distingue ce territoire.
Les protections solaires extérieures — volets, stores, brise-soleil — sont le premier levier d'action du confort d'été, et le plus accessible : elles se posent sans toucher à la structure. C'est aussi le geste dont le rapport coût-résultat est le plus favorable.
| Critère manquant | Vendée | France métro. | Écart |
|---|---|---|---|
| L'absence de brasseurs d'air fixes | 96,3 % | 96,7 % | −0,4 |
| L'absence de protections solaires extérieures | 92,3 % | 85,2 % | +7,1 |
| Le déficit d'inertie du bâti | 77,3 % | 70,8 % | +6,5 |
| L'absence d'isolation de toiture | 18,4 % | 42,8 % | −24,4 |
| La part de logements non traversants | 18,3 % | 25,0 % | −6,7 |
Un point d'appui existe : la toiture. Le territoire affiche 18,4 % de logements inconfortables concernés, contre 42,8 % nationalement, soit 24,4 points de moins. Cet acquis est à préserver dans les programmes à venir plutôt qu'à refaire.
Les intercommunalités du département
Le taux de logements en confort d'été insuffisant varie de près de moitié à l'intérieur du territoire, de 27,2 % à CA du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie à 43,6 % à CC de l'Ile de Noirmoutier. Une politique uniforme à l'échelle du territoire manquerait donc sa cible : c'est le niveau communal qui doit porter le ciblage.
| Intercommunalité | Insuffisant | Base |
|---|---|---|
| CA La Roche-sur-Yon - Agglomération | 32,9 % | 13 608 |
| CA Les Sables d'Olonne Agglomération | 32,8 % | 11 857 |
| CA du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie | 27,2 % | 10 302 |
| CC Sud Vendée Littoral | 36,9 % | 8 777 |
| CC Challans-Gois Communauté | 35,9 % | 6 552 |
| CC Vendée Grand Littoral | 40,3 % | 6 539 |
| CC du Pays de Fontenay-Vendée | 38,8 % | 5 457 |
| CA Terres de Montaigu | 42,3 % | 5 159 |
| CC de Vie et Boulogne | 39,1 % | 5 040 |
| CC Océan Marais de Monts | 32,7 % | 4 960 |
| CC du Pays des Herbiers | 27,8 % | 3 169 |
| CC de l'Ile de Noirmoutier | 43,6 % | 3 005 |
| CC du Pays de Saint-Fulgent - Les Essarts | 38,7 % | 2 945 |
| CC du Pays de Mortagne | 34,7 % | 2 674 |
| CC du Pays de Pouzauges | 32,1 % | 2 641 |
| CC Pays de Chantonnay | 33,6 % | 2 529 |
| CC du Pays des Achards | 38,0 % | 2 165 |
| CC Vendée, Sèvre, Autise | 37,1 % | 1 979 |
| CC du Pays de la Châtaigneraie | 42,5 % | 1 861 |
Les intercommunalités sous 1 000 diagnostics exploitables n'ont pas de page dédiée : en dessous de ce seuil, un taux n'est pas défendable.
L'enjeu de santé publique
Le territoire compte 188 868 habitants de 65 ans ou plus, soit 26,5 % de sa population, contre 21,3 % en métropole. L'exposition démographique y est donc nettement supérieure à la moyenne, ce qui déplace le sujet du bâti vers la santé publique.
La part de logement social n'est que de 6,7 % contre 14,5 % nationalement : le levier bailleur est ici étroit, et l'essentiel de l'action devra passer par les aides au parc privé et par l'accompagnement des propriétaires, plus lents à mobiliser. La forte proportion de propriétaires occupants (72,3 % contre 57,6 %) oriente en outre vers les dispositifs d'aide individuelle plutôt que vers la contrainte locative.
Les départements voisins
| Département | Insuffisant |
|---|---|
| Vendée | 35,5 % |
| Loire-Atlantique | 33,8 % |
| Maine-et-Loire | 38,4 % |
| Sarthe | 46,8 % |
| Mayenne | 48,6 % |
Voir la synthèse nationale de l'observatoire.
Questions fréquentes
Combien de logements sont mal protégés contre la chaleur en Vendée ?
Environ 115 900 logements, soit 35,5 % du parc diagnostiqué, présentent un confort d'été insuffisant selon la base des DPE publiée par l'ADEME. La moyenne de la France métropolitaine est de 40,0 %.
Pourquoi les logements de Vendée surchauffent-ils en été ?
La cause la plus sur-représentée ici est l'absence de protections solaires extérieures, qui concerne 92,3 % des logements inconfortables, soit 7,1 points de plus que la moyenne nationale. Le diagnostic de performance énergétique évalue le confort d'été sur des critères de bâti : isolation de la toiture, protections solaires extérieures, inertie, caractère traversant du logement et présence de brasseurs d'air fixes.
Quels travaux améliorent le confort d'été d'un logement ?
Les protections solaires extérieures (volets, stores, brise-soleil) sont le geste le plus accessible et au meilleur rapport coût-résultat, car elles se posent sans toucher à la structure. L'isolation de la toiture sert l'hiver comme l'été. La ventilation nocturne est gratuite quand le logement est traversant. L'inertie, elle, se corrige difficilement après coup.
Le DPE mesure-t-il vraiment le confort d'été ?
Seulement de façon qualitative, à trois niveaux (bon, moyen, insuffisant), et hors du calcul de l'étiquette A à G. Il ne donne ni température ni durée d'inconfort. Un indicateur en degrés-heures, qui le permettrait, n'est attendu qu'à l'horizon 2028.
Note de méthode et limites
Source. Base « DPE Logements existants depuis juillet 2021 » publiée par l'ADEME sous Licence Ouverte 2.0, millésime du 30 juin 2026, croisée avec le recensement INSEE 2023 (population par âge, résidences principales par statut d'occupation).
Champ de l'indicateur. L'indicateur de confort d'été n'est renseigné que sur 67,9 % des diagnostics au niveau national, et sur 81,5 % ici. Le taux dépend du type de bien : 93 % pour les maisons, 59 % pour les appartements, 5 % pour les immeubles. Les territoires urbains sont donc moins bien couverts que les territoires ruraux.
Biais de couverture. Un diagnostic n'est établi qu'à l'occasion d'une vente ou d'une mise en location. Le parc décrit sur-représente les logements qui ont changé de main depuis juillet 2021 et sous-représente ceux occupés durablement par leur propriétaire — plus souvent des ménages âgés. S'agissant précisément du public le plus vulnérable, cela appelle à la prudence.
Ce que le DPE mesure. L'indicateur est qualitatif, à trois niveaux, établi à partir de critères de bâti (Guide DPE 2024, page 105). Il n'entre pas dans le calcul de l'étiquette A à G, ne mesure pas une température et ne quantifie pas une durée d'inconfort. Il est établi une fois au moment du diagnostic et ne se met pas à jour après un été chaud : ces chiffres décrivent l'état du bâti, pas l'exposition à la chaleur. Vérification faite sur les données, les cinq critères publiés en open data n'expliquent que 75 % des classements — ils sont à lire comme les leviers d'action documentés, non comme la formule de calcul.
Population et logement sont deux agrégats indépendants, joints par territoire. Cette page ne permet pas d'affirmer que telle personne âgée occupe tel logement inconfortable.
Ce document n'est ni un diagnostic de bâtiment, ni une étude thermique, ni un document opposable. Aucune conclusion ne peut en être tirée sur un logement donné.
Passer des constats aux décisions
Vous avez ici l'état du parc de Vendée. Ce que cette page ne peut pas faire, c'est vous dire combien de logements sont concernés dans chaque commune, qui les occupe, et où le problème se concentre — c'est l'objet de l'étude territoriale.
Elle est produite à partir des mêmes données publiques, mises en forme pour être portées devant un conseil ou une commission, et livrée sous une semaine. C'est un état des lieux destiné à cibler une politique publique, pas un diagnostic de bâtiment.
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