État du parc de logements face à la chaleur — 39,0 % du parc insuffisant

Alpes-de-Haute-Provence — 12 intercommunalités, 168 054 habitants

Données ADEME du 30 juin 2026, croisées avec le recensement INSEE 2023.

39,0 %
du parc diagnostiqué en confort d'été insuffisant
France métropolitaine : 40,0 %
32 100
logements concernés, ordre de grandeur
sur 82 253 résidences principales
27,8 %
d'habitants de 65 ans ou plus
France métropolitaine : 21,3 %

39,0 % du parc diagnostiqué présente un confort d'été insuffisant, contre 40,0 % en France métropolitaine : le territoire se situe dans la moyenne, sans caractéristique qui le distingue nettement. C'est en soi une information utile, car elle autorise à s'appuyer sans réserve sur les retours d'expérience d'autres territoires.

Ce qui décide ici n'est donc pas le classement mais le volume : 32 100 logements sont concernés, et 83,1 % d'entre eux relèvent d'un même levier, l'absence de protections solaires extérieures. Un territoire moyen n'est pas un territoire sans enjeu, c'est un territoire où l'action se dimensionne sur la quantité plutôt que sur une singularité.

Ce qui rend le sujet urgent

  • En cours d'examen au Parlement. Le projet de loi de relance et de décentralisation du logement fait entrer le confort d'été dans la définition de la rénovation performante. Adopté au Sénat le 8 juillet 2026, il n'est pas encore voté définitivement : examen à l'Assemblée à la rentrée.
  • Le PCAET, déjà obligatoire ici. Au-delà de 20 000 habitants, il s'impose et se met à jour tous les six ans (article L229-26 du code de l'environnement). Son diagnostic doit comporter une analyse de la vulnérabilité du territoire aux effets du changement climatique et citer ses sources pour chaque élément (article R229-51, 6°, en vigueur au 1er janvier 2026). Le parc de logements y est rarement documenté, faute de données territoriales disponibles.
  • Déjà obligatoire depuis avril 2024. L'audit énergétique réglementaire impose que les scénarios de travaux visent le confort d'été. L'obligation existe donc avant l'outil de mesure : l'indicateur en degrés-heures n'est attendu qu'en 2028.
  • L'été 2026 a servi d'avertissement. Au moins 2 025 décès supplémentaires en une semaine lors de la canicule de juin, dont 85 % chez les 65 ans et plus, avec une hausse marquée des décès à domicile.

Sources : code de l'environnement (articles L229-26 et R229-51), Sénat, arrêté du 29 décembre 2023, PNACC-3 (mesure 9), Santé publique France. Situation au 22 juillet 2026.

Pourquoi les logements surchauffent ici

Le profil du territoire est proche du profil national. Aucun des cinq critères ne s'y distingue nettement de la moyenne : les causes d'inconfort y sont réparties comme ailleurs en France, et la hiérarchie d'action nationale s'applique sans adaptation particulière. C'est une information utile en soi, car elle autorise à s'appuyer sur les retours d'expérience d'autres territoires sans réserve.

Critères manquants chez les logements en confort d'été insuffisant, Alpes-de-Haute-Provence
Critère manquantAlpes-de-Haute-Provence France métro.Écart
L'absence de brasseurs d'air fixes94,0 %96,7 %−2,7
L'absence de protections solaires extérieures83,1 %85,2 %−2,1
Le déficit d'inertie du bâti56,7 %70,8 %−14,1
L'absence d'isolation de toiture36,4 %42,8 %−6,4
La part de logements non traversants25,9 %25,0 %+0,9

Les intercommunalités du département

Le taux de logements en confort d'été insuffisant varie de près de moitié à l'intérieur du territoire, de 32,0 % à CC du Sisteronais-Buëch à 49,1 % à CC Alpes-Provence-Verdon "Sources de lumière". Une politique uniforme à l'échelle du territoire manquerait donc sa cible : c'est le niveau communal qui doit porter le ciblage.

IntercommunalitéInsuffisantBase
CA Durance-Lubéron-Verdon Agglomération37,3 %11 247
CA Provence-Alpes-Agglomération33,5 %7 759
CA Gap-Tallard-Durance32,6 %7 343
CC Pays d'Apt-Luberon42,0 %6 445
CC du Sisteronais-Buëch32,0 %3 513
CC Alpes-Provence-Verdon "Sources de lumière"49,1 %3 246
CC Serre-Ponçon48,6 %3 128
CC Vallée de l'Ubaye - Serre-Ponçon47,8 %2 344
CC Pays Forcalquier et Montagne de Lure46,6 %1 686
CC Haute-Provence - Pays de Banon48,6 %1 343
CC Jabron-Lure-Vançon-Durancen.d.769
CC Serre-Ponçon Val d'Avancen.d.759

Les intercommunalités sous 1 000 diagnostics exploitables n'ont pas de page dédiée : en dessous de ce seuil, un taux n'est pas défendable.

L'enjeu de santé publique

Le territoire compte 46 759 habitants de 65 ans ou plus, soit 27,8 % de sa population, contre 21,3 % en métropole. L'exposition démographique y est donc nettement supérieure à la moyenne, ce qui déplace le sujet du bâti vers la santé publique.

La part de logement social n'est que de 8,2 % contre 14,5 % nationalement : le levier bailleur est ici étroit, et l'essentiel de l'action devra passer par les aides au parc privé et par l'accompagnement des propriétaires, plus lents à mobiliser.

Les départements voisins

DépartementInsuffisant
Alpes-de-Haute-Provence39,0 %
Alpes-Maritimes27,5 %
Bouches-du-Rhône34,0 %
Var36,5 %
Vaucluse39,1 %
Hautes-Alpes43,4 %

Voir la synthèse nationale de l'observatoire.

Questions fréquentes

Combien de logements sont mal protégés contre la chaleur en Alpes-de-Haute-Provence ?

Environ 32 100 logements, soit 39,0 % du parc diagnostiqué, présentent un confort d'été insuffisant selon la base des DPE publiée par l'ADEME. La moyenne de la France métropolitaine est de 40,0 %.

Pourquoi les logements de Alpes-de-Haute-Provence surchauffent-ils en été ?

Aucune cause ne s'y distingue nettement de la moyenne nationale : les facteurs d'inconfort y sont répartis comme ailleurs en France. Le diagnostic de performance énergétique évalue le confort d'été sur des critères de bâti : isolation de la toiture, protections solaires extérieures, inertie, caractère traversant du logement et présence de brasseurs d'air fixes.

Quels travaux améliorent le confort d'été d'un logement ?

Les protections solaires extérieures (volets, stores, brise-soleil) sont le geste le plus accessible et au meilleur rapport coût-résultat, car elles se posent sans toucher à la structure. L'isolation de la toiture sert l'hiver comme l'été. La ventilation nocturne est gratuite quand le logement est traversant. L'inertie, elle, se corrige difficilement après coup.

Le DPE mesure-t-il vraiment le confort d'été ?

Seulement de façon qualitative, à trois niveaux (bon, moyen, insuffisant), et hors du calcul de l'étiquette A à G. Il ne donne ni température ni durée d'inconfort. Un indicateur en degrés-heures, qui le permettrait, n'est attendu qu'à l'horizon 2028.

Note de méthode et limites

Source. Base « DPE Logements existants depuis juillet 2021 » publiée par l'ADEME sous Licence Ouverte 2.0, millésime du 30 juin 2026, croisée avec le recensement INSEE 2023 (population par âge, résidences principales par statut d'occupation).

Champ de l'indicateur. L'indicateur de confort d'été n'est renseigné que sur 67,9 % des diagnostics au niveau national, et sur 78,1 % ici. Le taux dépend du type de bien : 93 % pour les maisons, 59 % pour les appartements, 5 % pour les immeubles. Les territoires urbains sont donc moins bien couverts que les territoires ruraux.

Biais de couverture. Un diagnostic n'est établi qu'à l'occasion d'une vente ou d'une mise en location. Le parc décrit sur-représente les logements qui ont changé de main depuis juillet 2021 et sous-représente ceux occupés durablement par leur propriétaire — plus souvent des ménages âgés. S'agissant précisément du public le plus vulnérable, cela appelle à la prudence.

Ce que le DPE mesure. L'indicateur est qualitatif, à trois niveaux, établi à partir de critères de bâti (Guide DPE 2024, page 105). Il n'entre pas dans le calcul de l'étiquette A à G, ne mesure pas une température et ne quantifie pas une durée d'inconfort. Il est établi une fois au moment du diagnostic et ne se met pas à jour après un été chaud : ces chiffres décrivent l'état du bâti, pas l'exposition à la chaleur. Vérification faite sur les données, les cinq critères publiés en open data n'expliquent que 75 % des classements — ils sont à lire comme les leviers d'action documentés, non comme la formule de calcul.

Population et logement sont deux agrégats indépendants, joints par territoire. Cette page ne permet pas d'affirmer que telle personne âgée occupe tel logement inconfortable.

Ce document n'est ni un diagnostic de bâtiment, ni une étude thermique, ni un document opposable. Aucune conclusion ne peut en être tirée sur un logement donné.

Passer des constats aux décisions

Vous avez ici l'état du parc de Alpes-de-Haute-Provence. Ce que cette page ne peut pas faire, c'est vous dire combien de logements sont concernés dans chaque commune, qui les occupe, et où le problème se concentre — c'est l'objet de l'étude territoriale.

Elle est produite à partir des mêmes données publiques, mises en forme pour être portées devant un conseil ou une commission, et livrée sous une semaine. C'est un état des lieux destiné à cibler une politique publique, pas un diagnostic de bâtiment.

Demander l'étude de Alpes-de-Haute-Provence Réponse sous 48 h — sans engagement