Confort d'été — Métropole Européenne de Lille : 55,4 % du parc insuffisant

Un parc nettement plus exposé que la moyenne nationale

95 communes, 1 195 234 habitants

Données ADEME du 30 juin 2026, rapprochées par territoire du recensement INSEE, millésime 2023. Analyse : Miguel Ygonin, ACCES IA.

55,4 %
du parc diagnostiqué en confort d'été insuffisant
France métropolitaine : 40,0 % · médiane des intercommunalités : 43,5 %
300 300
logements concernés, ordre de grandeur
sur 542 033 résidences principales
15,8 %
d'habitants de 65 ans ou plus
France métropolitaine : 21,3 %
9
nuits tropicales cet été
Lille · 1er juin au 28 août

55,4 % du parc diagnostiqué présente un confort d'été insuffisant, contre 40,0 % en France métropolitaine — soit 15,4 points au-dessus de la moyenne.

L'écart est suffisamment large pour ne pas relever du hasard d'échantillonnage : il traduit une caractéristique réelle du parc, que la suite de cette étude identifie.

S'y ajoute un fort contraste interne, de 36,3 % (Saint-André-lez-Lille) à 76,0 % (Chéreng).

Ce qui rend le sujet urgent

  • En cours d'examen au Parlement. Le projet de loi de relance et de décentralisation du logement fait entrer le confort d'été dans la définition de la rénovation performante. Adopté au Sénat le 8 juillet 2026, il n'est pas encore voté définitivement : examen à l'Assemblée à la rentrée.
  • Le PCAET, déjà obligatoire ici. Au-delà de 20 000 habitants, il s'impose et se met à jour tous les six ans (article L229-26 du code de l'environnement). Son diagnostic doit comporter une analyse de la vulnérabilité du territoire aux effets du changement climatique (article R229-51, 6°, en vigueur au 1er janvier 2026), et le plan doit mentionner les sources de données utilisées pour chaque élément du diagnostic (même article). Le parc de logements y est rarement documenté, faute de données territoriales disponibles.
  • Déjà obligatoire. L'audit énergétique réglementaire s'impose à la vente depuis le 1er avril 2023 pour les logements classés F et G, et depuis le 1er janvier 2025 pour la classe E. Depuis le 1er avril 2024, ses propositions de travaux doivent permettre d'atteindre un niveau satisfaisant de confort hygrothermique. L'obligation existe donc avant l'outil de mesure : l'actualisation de l'indicateur de confort d'été n'est attendue qu'à l'horizon 2028.
  • L'été 2026 a servi d'avertissement. Santé publique France estime à 5 764 le nombre de décès en excès entre le 17 juin et le 2 juillet, soit une hausse de 36 %. Les 75 ans et plus en représentent les deux tiers, mais un excès a été observé pour toutes les classes d'âge à partir de 15 ans, et pour tous les lieux de décès, domicile compris.

Sources : code de l'environnement, articles L229-26 et R229-51 (Légifrance) ; Sénat, texte adopté n° 157 (2025-2026) ; arrêté du 29 décembre 2023 modifiant l'arrêté du 4 mai 2022 relatif au contenu de l'audit énergétique réglementaire ; PNACC-3, mesure 9 ; Santé publique France, bilan du 22 juillet 2026. Veille arrêtée au 22 juillet 2026.

Pourquoi les logements surchauffent ici

La spécificité du territoire est l'absence de protections solaires extérieures : 94,3 % des logements inconfortables sont concernés, soit 9,1 points de plus que la moyenne nationale (85,2 %). C'est l'écart le plus marqué des cinq critères, et c'est donc l'élément qui distingue ce territoire.

Les protections solaires extérieures — volets, stores, brise-soleil — sont le premier levier d'action du confort d'été, et le plus accessible : elles se posent sans toucher à la structure. C'est aussi le geste dont le rapport coût-résultat est le plus favorable.

Critères manquants chez les logements en confort d'été insuffisant, Métropole Européenne de Lille
Critère manquantMétropole Européenne de Lille France métro.Écart
L'absence de brasseurs d'air fixes96,2 %96,7 %−0,5
L'absence de protections solaires extérieures94,3 %85,2 %+9,1
Le déficit d'inertie du bâti69,8 %70,8 %−1,0
L'absence d'isolation de toiture42,8 %42,8 %+0,0
La part de logements non traversants30,6 %25,0 %+5,6

La carte du territoire

47 53 57 62 % insuffisant

Part de logements en confort d'été insuffisant par commune. En gris, les communes dont la base de diagnostics est inférieure à 100, trop faible pour un taux publiable.

Le taux par commune

Le taux de logements en confort d'été insuffisant varie du simple au double d'une commune à l'autre, de 36,3 % (Saint-André-lez-Lille) à 76,0 % (Chéreng). Une politique uniforme à l'échelle du territoire manquerait donc sa cible : c'est le niveau communal qui doit porter le ciblage.

CommuneInsuffisantBase
Lille55,1 %10 000 et plus
Roubaix65,1 %10 000 et plus
Tourcoing61,2 %10 000 et plus
Villeneuve-d'Ascq53,2 %5 000 – 10 000
Wattrelos44,7 %5 000 – 10 000
Marcq-en-Barœul48,9 %5 000 – 10 000
La Madeleine52,8 %5 000 – 10 000
Armentières62,9 %5 000 – 10 000
Lambersart55,6 %2 500 – 5 000
Loos44,5 %2 500 – 5 000
Croix58,3 %2 500 – 5 000
Hem59,3 %2 500 – 5 000
Wasquehal49,1 %2 500 – 5 000
Mons-en-Barœul59,7 %2 500 – 5 000
Halluin65,4 %2 500 – 5 000
Faches-Thumesnil57,1 %2 500 – 5 000
Ronchin52,7 %1 000 – 2 500
Seclin44,0 %1 000 – 2 500
Saint-André-lez-Lille36,3 %1 000 – 2 500
Haubourdin57,0 %1 000 – 2 500
Mouvaux57,8 %1 000 – 2 500
Wattignies50,9 %1 000 – 2 500
Lys-lez-Lannoy60,4 %1 000 – 2 500
Comines64,3 %1 000 – 2 500
Wambrechies45,3 %1 000 – 2 500
Roncq48,8 %1 000 – 2 500
La Bassée46,5 %1 000 – 2 500
Marquette-lez-Lille52,7 %1 000 – 2 500
Annœullin49,1 %1 000 – 2 500
Lesquin47,4 %1 000 – 2 500
Pérenchies52,4 %1 000 – 2 500
Bondues57,4 %1 000 – 2 500
Neuville-en-Ferrain49,1 %1 000 – 2 500
La Chapelle-d'Armentières52,1 %1 000 – 2 500
Leers58,6 %500 – 1 000
Linselles66,1 %500 – 1 000
Houplines67,1 %500 – 1 000
Bauvin45,0 %500 – 1 000
Wavrin58,4 %500 – 1 000
Sainghin-en-Weppes42,9 %500 – 1 000
Quesnoy-sur-Deûle55,3 %500 – 1 000
Erquinghem-Lys48,0 %500 – 1 000
Wervicq-Sud64,7 %500 – 1 000
Baisieux58,8 %500 – 1 000
Santes52,1 %500 – 1 000
Provin43,4 %500 – 1 000
Bousbecque65,6 %500 – 1 000
Toufflers42,8 %500 – 1 000
Templemars49,7 %500 – 1 000
Willems63,1 %500 – 1 000
Hallennes-lez-Haubourdin48,1 %250 – 500
Lezennes56,1 %250 – 500
Capinghem41,6 %250 – 500
Houplin-Ancoisne56,6 %250 – 500
Fretin70,0 %250 – 500
Salomé56,3 %250 – 500
Sequedin42,0 %250 – 500
Sainghin-en-Mélantois64,8 %250 – 500
Chéreng76,0 %250 – 500
Frelinghien55,4 %250 – 500
Allennes-les-Marais38,9 %250 – 500
Lannoy75,6 %250 – 500
Marquillies34,1 %250 – 500
Emmerin52,6 %250 – 500
Verlinghem55,4 %100 – 250
Herlies51,7 %100 – 250
Fournes-en-Weppes62,3 %100 – 250
Sailly-lez-Lannoy60,9 %100 – 250
Forest-sur-Marque67,3 %100 – 250
Illies45,8 %100 – 250
Lompret54,7 %100 – 250
Tressin62,6 %100 – 250
Prémesques59,4 %100 – 250
Bois-Grenier57,1 %100 – 250
Anstaing59,7 %100 – 250
Deûlémont45,4 %100 – 250
Aubers55,4 %100 – 250
Vendeville51,1 %100 – 250
Gruson69,4 %100 – 250
Ennetières-en-Weppes57,7 %100 – 250
Radinghem-en-Weppes54,3 %100 – 250
Hantay36,8 %100 – 250
Don54,1 %100 – 250
Bouvines62,4 %100 – 250
Carnin61,8 %100 – 250
Péronne-en-Mélantois62,4 %100 – 250
Noyelles-lès-Seclinn.d.100 – 250
Beaucamps-Lignyn.d.100 – 250
Englosn.d.100 – 250
Fromellesn.d.100 – 250
Wicresn.d.100 – 250
Le Maisniln.d.100 – 250
Erquinghem-le-Secn.d.100 – 250
Escobecquesn.d.100 – 250
Warnetonn.d.100 – 250

Base : ordre de grandeur du nombre de logements diagnostiqués exploitables. En dessous de 100, aucun taux n'est publié : le classement relatif entre communes est solide, la décimale ne l'est pas. Le décompte exact par commune figure dans l'étude territoriale.

L'enjeu de santé publique

Le territoire compte 189 094 habitants de 65 ans ou plus, soit 15,8 % de sa population, contre 21,3 % en métropole. L'exposition démographique y est donc inférieure à la moyenne nationale, ce qui atténue l'enjeu sanitaire sans le supprimer.

La part de logement social, à 21,7 % contre 14,5 % nationalement, est un atout d'action : ces logements relèvent d'une programmation pilotable par un opérateur unique, là où le parc privé suppose de convaincre des milliers de décideurs individuels.

Le rapprochement avec les données sanitaires est direct : le bilan consolidé de la canicule de juin 2026, publié par Santé publique France le 22 juillet 2026, fait état de 5 764 décès en excès entre le 17 juin et le 2 juillet, soit une hausse de 36 %. Les 75 ans et plus en représentent les deux tiers, mais un excès a été observé pour toutes les classes d'âge à partir de 15 ans, et pour tous les lieux de décès, domicile compris.

Comparaison avec les autres intercommunalités du département

TerritoireInsuffisantBase
CA Douaisis Agglo43,5 %30 415
CA Coeur d'Ostrevent51,3 %13 557
CA de la Porte du Hainaut52,4 %27 073
CA Valenciennes Métropole54,3 %36 639
CU de Dunkerque55,0 %29 425
Métropole Européenne de Lille55,4 %210 024
CA Maubeuge Val de Sambre57,2 %19 310
CC Pévèle-Carembault59,4 %11 508
CC du Sud Avesnois61,8 %4 199
CC Coeur de l'Avesnois62,9 %3 953
CA du Caudrésis et du Catésis66,9 %8 630
CC du Pays de Mormal70,3 %5 237
CC du Pays Solesmois71,0 %1 547
Les 17 intercommunalités du département ne sont pas toutes listées : seules les 6 les mieux placées et les 6 les moins bien placées figurent ici. Le détail complet est sur la page du département.

Questions fréquentes

Métropole Européenne de Lille : combien de logements sont mal protégés contre la chaleur ?

55,4 % des logements diagnostiqués y présentent un confort d'été insuffisant, contre 40,0 % en France métropolitaine, soit 116 347 logements parmi les diagnostics exploitables. Rapporté à l'ensemble du parc, ce taux représente de l'ordre de 300 300 résidences principales sur 542 033. Ce second nombre est une estimation, obtenue en appliquant aux résidences principales le taux observé sur les diagnostics ; ce n'est pas un décompte.

Métropole Européenne de Lille : pourquoi les logements y surchauffent-ils en été ?

La cause la plus sur-représentée ici est l'absence de protections solaires extérieures, qui concerne 94,3 % des logements inconfortables, soit 9,1 points de plus que la moyenne nationale. Le diagnostic de performance énergétique documente cinq critères de bâti : isolation de la toiture, protections solaires extérieures, inertie, caractère traversant du logement et présence de brasseurs d'air fixes. Ces cinq critères sont les leviers d'action documentés, pas la formule de calcul de l'indicateur.

Quels travaux améliorent le confort d'été d'un logement ?

Les protections solaires extérieures (volets, stores, brise-soleil) sont le geste le plus accessible et au meilleur rapport coût-résultat, car elles se posent sans toucher à la structure. L'isolation de la toiture sert l'hiver comme l'été. La ventilation nocturne est gratuite quand le logement est traversant. Les brasseurs d'air fixes sont finançables par MaPrimeRénov' depuis le 1er janvier 2024, mais seulement dans le parcours accompagné, au sein d'une rénovation d'ampleur, et non en geste isolé ; ils n'entrent pas dans le calcul 3CL, donc sans effet sur la note affichée. L'inertie, elle, se corrige difficilement après coup.

Le DPE mesure-t-il vraiment le confort d'été ?

Seulement de façon qualitative, à trois niveaux (bon, moyen, insuffisant), et hors du calcul de l'étiquette A à G. Il ne donne ni température ni durée d'inconfort. L'actualisation de cet indicateur est prévue à l'horizon 2028, une description en degrés-heures comparable à celle de la RE2020 étant l'une des pistes évoquées.

Note de méthode et limites

Source. Base « DPE Logements existants (depuis juillet 2021) » publiée par l'ADEME sous Licence Ouverte 2.0, millésime du 30 juin 2026, rapprochée par territoire du recensement INSEE, millésime 2023 (population par âge, résidences principales par statut d'occupation).

Nuits tropicales. Températures minimales quotidiennes issues de la réanalyse ERA5 du programme européen Copernicus, distribuées par Open-Meteo sous licence CC BY 4.0. Une nuit tropicale est une nuit où la température ne descend pas sous 20 °C, seuil retenu par Météo-France. Le relevé est ponctuel : il porte sur la commune la plus peuplée du territoire, nommée à côté du chiffre, et ne décrit pas l'ensemble du territoire.

Champ de l'indicateur. L'indicateur de confort d'été n'est renseigné que sur 68,6 % des diagnostics au niveau national, et sur 70,3 % ici. Le taux dépend du type de bien : 93 % pour les maisons, 59 % pour les appartements, 5 % pour les immeubles. Les territoires urbains sont donc moins bien couverts que les territoires ruraux. Environ 3 % des diagnostics publiés ne portent pas de code commune exploitable et sont hors de ce périmètre.

Biais de couverture. Un diagnostic n'est établi qu'à l'occasion d'une vente ou d'une mise en location. Le parc décrit sur-représente les logements qui ont changé de main depuis juillet 2021 et sous-représente ceux occupés durablement par leur propriétaire — plus souvent des ménages âgés. S'agissant précisément du public le plus vulnérable, cela appelle à la prudence.

Ce que le DPE mesure. L'indicateur est qualitatif, à trois niveaux, et le Guide DPE Logements, version 3 de juillet 2024, page 104, en documente cinq critères de bâti. Il n'entre pas dans le calcul de l'étiquette A à G, ne mesure pas une température et ne quantifie pas une durée d'inconfort. Il est établi une fois au moment du diagnostic et ne se met pas à jour après un été chaud : ces chiffres ne suivront donc pas le réchauffement, alors que l'inconfort réellement vécu, lui, augmentera. Vérification faite sur les données, les cinq critères publiés en open data n'expliquent que 75,1 % des classements : ils sont à lire comme les leviers d'action documentés, non comme la formule de calcul. À caractéristiques de bâti strictement identiques, le classement varie encore selon la zone climatique et l'altitude.

Deux repères, et non un seul. Le taux national de 40,0 % est une moyenne pondérée par les logements : elle décrit le parc français, où les grandes aires urbaines pèsent lourd. La médiane des intercommunalités, elle, se situe à 43,5 %. Comparer un territoire au seul taux national conduit à qualifier d'« au-dessus de la moyenne » près des deux tiers des intercommunalités, ce qui n'apprend rien. Les deux repères sont donc donnés ensemble.

La composition du parc pèse sur le résultat. Les maisons sont plus souvent classées insuffisantes que les logements collectifs. Mesuré sur les intercommunalités publiées : +2,0 points de logements insuffisants pour +10 points de maisons, la seule composition du parc expliquant environ un quart des écarts entre territoires. Un territoire rural n'est donc pas « moins bien géré » qu'un territoire urbain : il a un parc différent. Les comparaisons de cette page sont brutes, non corrigées de cet effet.

Population et logement sont deux agrégats indépendants, joints par territoire. Cette page ne permet pas d'affirmer que telle personne âgée occupe tel logement inconfortable.

Ce document n'est ni un diagnostic de bâtiment, ni une étude thermique, ni un document opposable. Aucune conclusion ne peut en être tirée sur un logement donné.

Passer des constats aux décisions

Vous avez ici l'état du parc — Métropole Européenne de Lille. Ce que cette page ne peut pas faire, c'est vous dire combien de logements sont concernés dans chaque commune, et quelles communes cumulent le volume et une population âgée — c'est l'objet de l'étude territoriale.

Elle est produite à partir des mêmes données publiques, mises en forme pour être portées devant un conseil ou une commission, et livrée sous une semaine : les données sont publiques et déjà consolidées, ce délai sert à la relecture et au contrôle du document avant qu'il vous parvienne. C'est un état des lieux destiné à cibler une politique publique, pas un diagnostic de bâtiment.

Demander l'étude — Métropole Européenne de Lille Réponse sous 48 h — sans engagement