Confort d'été — Métropole de Lyon : 28,5 % du parc insuffisant

Un territoire à deux vitesses face à la chaleur

58 communes, 1 436 354 habitants

Données ADEME du 30 juin 2026, rapprochées par territoire du recensement INSEE, millésime 2023. Analyse : Miguel Ygonin, ACCES IA.

28,5 %
du parc diagnostiqué en confort d'été insuffisant
France métropolitaine : 40,0 % · médiane des intercommunalités : 43,5 %
191 600
logements concernés, ordre de grandeur
sur 672 293 résidences principales
16,6 %
d'habitants de 65 ans ou plus
France métropolitaine : 21,3 %

La moyenne du territoire, 28,5 %, masque un écart considérable d'une commune à l'autre : de 20,0 % (Bron) jusqu'à 50,6 % (Saint-Cyr-au-Mont-d'Or), soit un rapport de un à 2,5.

C'est le fait marquant de ce territoire. Toute politique conçue sur la moyenne manquera simultanément les deux extrémités : surdimensionnée là où le parc est correct, insuffisante là où il ne l'est pas.

Ce qui rend le sujet urgent

  • En cours d'examen au Parlement. Le projet de loi de relance et de décentralisation du logement fait entrer le confort d'été dans la définition de la rénovation performante. Adopté au Sénat le 8 juillet 2026, il n'est pas encore voté définitivement : examen à l'Assemblée à la rentrée.
  • Le PCAET, déjà obligatoire ici. Au-delà de 20 000 habitants, il s'impose et se met à jour tous les six ans (article L229-26 du code de l'environnement). Son diagnostic doit comporter une analyse de la vulnérabilité du territoire aux effets du changement climatique (article R229-51, 6°, en vigueur au 1er janvier 2026), et le plan doit mentionner les sources de données utilisées pour chaque élément du diagnostic (même article). Le parc de logements y est rarement documenté, faute de données territoriales disponibles.
  • Déjà obligatoire. L'audit énergétique réglementaire s'impose à la vente depuis le 1er avril 2023 pour les logements classés F et G, et depuis le 1er janvier 2025 pour la classe E. Depuis le 1er avril 2024, ses propositions de travaux doivent permettre d'atteindre un niveau satisfaisant de confort hygrothermique. L'obligation existe donc avant l'outil de mesure : l'actualisation de l'indicateur de confort d'été n'est attendue qu'à l'horizon 2028.
  • L'été 2026 a servi d'avertissement. Santé publique France estime à 5 764 le nombre de décès en excès entre le 17 juin et le 2 juillet, soit une hausse de 36 %. Les 75 ans et plus en représentent les deux tiers, mais un excès a été observé pour toutes les classes d'âge à partir de 15 ans, et pour tous les lieux de décès, domicile compris.

Sources : code de l'environnement, articles L229-26 et R229-51 (Légifrance) ; Sénat, texte adopté n° 157 (2025-2026) ; arrêté du 29 décembre 2023 modifiant l'arrêté du 4 mai 2022 relatif au contenu de l'audit énergétique réglementaire ; PNACC-3, mesure 9 ; Santé publique France, bilan du 22 juillet 2026. Veille arrêtée au 22 juillet 2026.

Pourquoi les logements surchauffent ici

La spécificité du territoire est l'absence d'isolation de toiture : 66,1 % des logements inconfortables sont concernés, soit 23,3 points de plus que la moyenne nationale (42,8 %). C'est l'écart le plus marqué des cinq critères, et c'est donc l'élément qui distingue ce territoire.

La toiture est la surface la plus exposée au rayonnement solaire estival. Son isolation sert l'hiver comme l'été, ce qui en fait le geste au double bénéfice — et celui que les dispositifs d'aide existants financent déjà le mieux.

Critères manquants chez les logements en confort d'été insuffisant, Métropole de Lyon
Critère manquantMétropole de Lyon France métro.Écart
L'absence de brasseurs d'air fixes97,7 %96,7 %+1,0
L'absence de protections solaires extérieures84,8 %85,2 %−0,4
Le déficit d'inertie du bâti71,4 %70,8 %+0,6
L'absence d'isolation de toiture66,1 %42,8 %+23,3
La part de logements non traversants35,7 %25,0 %+10,7

La carte du territoire

23 28 32 40 % insuffisant

Part de logements en confort d'été insuffisant par commune. En gris, les communes dont la base de diagnostics est inférieure à 100, trop faible pour un taux publiable.

Le taux par commune

Le taux de logements en confort d'été insuffisant varie du simple au double d'une commune à l'autre, de 20,0 % (Bron) à 50,6 % (Saint-Cyr-au-Mont-d'Or). Une politique uniforme à l'échelle du territoire manquerait donc sa cible : c'est le niveau communal qui doit porter le ciblage.

CommuneInsuffisantBase
Lyon31,7 %131 288
Villeurbanne20,4 %31 190
Caluire-et-Cuire26,6 %7 662
Oullins-Pierre-Bénite24,2 %6 871
Vénissieux23,0 %6 483
Bron20,0 %5 275
Saint-Priest21,8 %5 151
Tassin-la-Demi-Lune23,0 %4 308
Vaulx-en-Velin22,2 %4 021
Meyzieu20,5 %3 888
Décines-Charpieu23,9 %3 611
Sainte-Foy-lès-Lyon36,5 %3 252
Écully30,0 %3 230
Rillieux-la-Pape25,3 %3 155
Saint-Genis-Laval28,0 %2 780
Francheville25,1 %2 069
Givors32,6 %1 797
Craponne22,4 %1 751
Saint-Fons22,7 %1 688
Mions22,7 %1 394
Neuville-sur-Saône31,1 %1 331
Corbas22,9 %1 153
Champagne-au-Mont-d'Or32,2 %1 107
Feyzin21,9 %1 084
Chassieu25,6 %1 067
Dardilly32,2 %1 042
Fontaines-sur-Saône26,6 %1 013
La Mulatière23,5 %970
Grigny-sur-Rhône27,2 %963
Irigny32,4 %931
Saint-Didier-au-Mont-d'Or46,8 %929
Sathonay-Camp21,7 %905
Saint-Cyr-au-Mont-d'Or50,6 %866
Charbonnières-les-Bains30,6 %813
Collonges-au-Mont-d'Or40,2 %702
La Tour-de-Salvagny35,3 %663
Saint-Genis-les-Ollières32,2 %587
Genay36,9 %586
Limonest31,4 %583
Vernaison28,9 %564
Charly37,1 %518
Jonage35,0 %512
Marcy-l'Étoile26,4 %470
Saint-Germain-au-Mont-d'Or39,7 %383
Lissieu37,0 %381
Couzon-au-Mont-d'Or48,9 %362
Albigny-sur-Saône40,7 %356
Quincieux30,5 %331
Montanay39,5 %324
Solaize35,5 %318
Fontaines-Saint-Martin42,7 %274
Cailloux-sur-Fontaines40,4 %260
Sathonay-Village37,7 %175
Saint-Romain-au-Mont-d'Or57,6 %172
Curis-au-Mont-d'Or42,2 %154
Fleurieu-sur-Saône50,3 %149
Poleymieux-au-Mont-d'Or52,6 %135
Rochetaillée-sur-Saône47,3 %129

Base : nombre de logements diagnostiqués exploitables. En dessous de 100, aucun taux n'est publié : le classement relatif entre communes est solide, la décimale ne l'est pas.

L'enjeu de santé publique

Le territoire compte 238 907 habitants de 65 ans ou plus, soit 16,6 % de sa population, contre 21,3 % en métropole. L'exposition démographique y est donc inférieure à la moyenne nationale, ce qui atténue l'enjeu sanitaire sans le supprimer.

La part de logement social, à 19,3 % contre 14,5 % nationalement, est un atout d'action : ces logements relèvent d'une programmation pilotable par un opérateur unique, là où le parc privé suppose de convaincre des milliers de décideurs individuels.

Le rapprochement avec les données sanitaires est direct : le bilan consolidé de la canicule de juin 2026, publié par Santé publique France le 22 juillet 2026, fait état de 5 764 décès en excès entre le 17 juin et le 2 juillet, soit une hausse de 36 %. Les 75 ans et plus en représentent les deux tiers, mais un excès a été observé pour toutes les classes d'âge à partir de 15 ans, et pour tous les lieux de décès, domicile compris.

Comparaison avec les autres intercommunalités du département

TerritoireInsuffisantBase
CC du Pays de l'Ozon27,9 %3 154
Métropole de Lyon28,5 %254 126
CC de l'Est Lyonnais (CCEL)30,6 %4 152
CC de la Vallée du Garon (CCVG)33,3 %3 690
CC des Vallons du Lyonnais (CCVL)33,9 %3 470
CC du Pays de l'Arbresle (CCPA)37,9 %4 527
CC Saône-Beaujolais38,2 %5 548
CC du Pays Mornantais (COPAMO)42,1 %3 122
CC Beaujolais Pierres Dorées42,2 %6 301
CA de l'Ouest Rhodanien43,7 %6 931

Questions fréquentes

Métropole de Lyon : combien de logements sont mal protégés contre la chaleur ?

28,5 % des logements diagnostiqués y présentent un confort d'été insuffisant, contre 40,0 % en France métropolitaine, soit 72 424 logements parmi les diagnostics exploitables. Rapporté à l'ensemble du parc, ce taux représente de l'ordre de 191 600 résidences principales sur 672 293. Ce second nombre est une estimation, obtenue en appliquant aux résidences principales le taux observé sur les diagnostics ; ce n'est pas un décompte.

Métropole de Lyon : pourquoi les logements y surchauffent-ils en été ?

La cause la plus sur-représentée ici est l'absence d'isolation de toiture, qui concerne 66,1 % des logements inconfortables, soit 23,3 points de plus que la moyenne nationale. Le diagnostic de performance énergétique documente cinq critères de bâti : isolation de la toiture, protections solaires extérieures, inertie, caractère traversant du logement et présence de brasseurs d'air fixes. Ces cinq critères sont les leviers d'action documentés, pas la formule de calcul de l'indicateur.

Quels travaux améliorent le confort d'été d'un logement ?

Les protections solaires extérieures (volets, stores, brise-soleil) sont le geste le plus accessible et au meilleur rapport coût-résultat, car elles se posent sans toucher à la structure. L'isolation de la toiture sert l'hiver comme l'été. La ventilation nocturne est gratuite quand le logement est traversant. Les brasseurs d'air fixes sont finançables par MaPrimeRénov' depuis le 1er janvier 2024, mais seulement dans le parcours accompagné, au sein d'une rénovation d'ampleur, et non en geste isolé ; ils n'entrent pas dans le calcul 3CL, donc sans effet sur la note affichée. L'inertie, elle, se corrige difficilement après coup.

Le DPE mesure-t-il vraiment le confort d'été ?

Seulement de façon qualitative, à trois niveaux (bon, moyen, insuffisant), et hors du calcul de l'étiquette A à G. Il ne donne ni température ni durée d'inconfort. L'actualisation de cet indicateur est prévue à l'horizon 2028, une description en degrés-heures comparable à celle de la RE2020 étant l'une des pistes évoquées.

Note de méthode et limites

Source. Base « DPE Logements existants (depuis juillet 2021) » publiée par l'ADEME sous Licence Ouverte 2.0, millésime du 30 juin 2026, rapprochée par territoire du recensement INSEE, millésime 2023 (population par âge, résidences principales par statut d'occupation).

Champ de l'indicateur. L'indicateur de confort d'été n'est renseigné que sur 68,6 % des diagnostics au niveau national, et sur 60,6 % ici. Le taux dépend du type de bien : 93 % pour les maisons, 59 % pour les appartements, 5 % pour les immeubles. Les territoires urbains sont donc moins bien couverts que les territoires ruraux. Environ 3 % des diagnostics publiés ne portent pas de code commune exploitable et sont hors de ce périmètre.

Biais de couverture. Un diagnostic n'est établi qu'à l'occasion d'une vente ou d'une mise en location. Le parc décrit sur-représente les logements qui ont changé de main depuis juillet 2021 et sous-représente ceux occupés durablement par leur propriétaire — plus souvent des ménages âgés. S'agissant précisément du public le plus vulnérable, cela appelle à la prudence.

Ce que le DPE mesure. L'indicateur est qualitatif, à trois niveaux, et le Guide DPE Logements, version 3 de juillet 2024, page 104, en documente cinq critères de bâti. Il n'entre pas dans le calcul de l'étiquette A à G, ne mesure pas une température et ne quantifie pas une durée d'inconfort. Il est établi une fois au moment du diagnostic et ne se met pas à jour après un été chaud : ces chiffres ne suivront donc pas le réchauffement, alors que l'inconfort réellement vécu, lui, augmentera. Vérification faite sur les données, les cinq critères publiés en open data n'expliquent que 75,1 % des classements : ils sont à lire comme les leviers d'action documentés, non comme la formule de calcul. À caractéristiques de bâti strictement identiques, le classement varie encore selon la zone climatique et l'altitude.

Deux repères, et non un seul. Le taux national de 40,0 % est une moyenne pondérée par les logements : elle décrit le parc français, où les grandes aires urbaines pèsent lourd. La médiane des intercommunalités, elle, se situe à 43,5 %. Comparer un territoire au seul taux national conduit à qualifier d'« au-dessus de la moyenne » près des deux tiers des intercommunalités, ce qui n'apprend rien. Les deux repères sont donc donnés ensemble.

La composition du parc pèse sur le résultat. Les maisons sont plus souvent classées insuffisantes que les logements collectifs. Mesuré sur les intercommunalités publiées : +2,0 points de logements insuffisants pour +10 points de maisons, la seule composition du parc expliquant environ un quart des écarts entre territoires. Un territoire rural n'est donc pas « moins bien géré » qu'un territoire urbain : il a un parc différent. Les comparaisons de cette page sont brutes, non corrigées de cet effet.

Population et logement sont deux agrégats indépendants, joints par territoire. Cette page ne permet pas d'affirmer que telle personne âgée occupe tel logement inconfortable.

Ce document n'est ni un diagnostic de bâtiment, ni une étude thermique, ni un document opposable. Aucune conclusion ne peut en être tirée sur un logement donné.

Passer des constats aux décisions

Vous avez ici l'état du parc — Métropole de Lyon. Ce que cette page ne peut pas faire, c'est vous dire combien de logements sont concernés dans chaque commune, et quelles communes cumulent le volume et une population âgée — c'est l'objet de l'étude territoriale.

Elle est produite à partir des mêmes données publiques, mises en forme pour être portées devant un conseil ou une commission, et livrée sous une semaine : les données sont publiques et déjà consolidées, ce délai sert à la relecture et au contrôle du document avant qu'il vous parvienne. C'est un état des lieux destiné à cibler une politique publique, pas un diagnostic de bâtiment.

Demander l'étude — Métropole de Lyon Réponse sous 48 h — sans engagement