Confort d'été — CA Troyes Champagne Métropole : 31,9 % du parc insuffisant

Un territoire à deux vitesses face à la chaleur

81 communes, 175 664 habitants

Données ADEME du 30 juin 2026, rapprochées par territoire du recensement INSEE, millésime 2023. Analyse : Miguel Ygonin, ACCES IA.

31,9 %
du parc diagnostiqué en confort d'été insuffisant
France métropolitaine : 40,0 % · médiane des intercommunalités : 43,5 %
26 700
logements concernés, ordre de grandeur
sur 83 805 résidences principales
21,4 %
d'habitants de 65 ans ou plus
France métropolitaine : 21,3 %

La moyenne du territoire, 31,9 %, masque un écart considérable d'une commune à l'autre : de 15,7 % (Rosières-près-Troyes) jusqu'à 37,0 % (Saint-Parres-aux-Tertres), soit un rapport de un à 2,4.

C'est le fait marquant de ce territoire. Toute politique conçue sur la moyenne manquera simultanément les deux extrémités : surdimensionnée là où le parc est correct, insuffisante là où il ne l'est pas.

Le territoire dispose par ailleurs d'un parc social important (24,9 %), qui offre un levier de programmation directe.

Ce qui rend le sujet urgent

  • En cours d'examen au Parlement. Le projet de loi de relance et de décentralisation du logement fait entrer le confort d'été dans la définition de la rénovation performante. Adopté au Sénat le 8 juillet 2026, il n'est pas encore voté définitivement : examen à l'Assemblée à la rentrée.
  • Le PCAET, déjà obligatoire ici. Au-delà de 20 000 habitants, il s'impose et se met à jour tous les six ans (article L229-26 du code de l'environnement). Son diagnostic doit comporter une analyse de la vulnérabilité du territoire aux effets du changement climatique (article R229-51, 6°, en vigueur au 1er janvier 2026), et le plan doit mentionner les sources de données utilisées pour chaque élément du diagnostic (même article). Le parc de logements y est rarement documenté, faute de données territoriales disponibles.
  • Déjà obligatoire. L'audit énergétique réglementaire s'impose à la vente depuis le 1er avril 2023 pour les logements classés F et G, et depuis le 1er janvier 2025 pour la classe E. Depuis le 1er avril 2024, ses propositions de travaux doivent permettre d'atteindre un niveau satisfaisant de confort hygrothermique. L'obligation existe donc avant l'outil de mesure : l'actualisation de l'indicateur de confort d'été n'est attendue qu'à l'horizon 2028.
  • L'été 2026 a servi d'avertissement. Santé publique France estime à 5 764 le nombre de décès en excès entre le 17 juin et le 2 juillet, soit une hausse de 36 %. Les 75 ans et plus en représentent les deux tiers, mais un excès a été observé pour toutes les classes d'âge à partir de 15 ans, et pour tous les lieux de décès, domicile compris.

Sources : code de l'environnement, articles L229-26 et R229-51 (Légifrance) ; Sénat, texte adopté n° 157 (2025-2026) ; arrêté du 29 décembre 2023 modifiant l'arrêté du 4 mai 2022 relatif au contenu de l'audit énergétique réglementaire ; PNACC-3, mesure 9 ; Santé publique France, bilan du 22 juillet 2026. Veille arrêtée au 22 juillet 2026.

Pourquoi les logements surchauffent ici

Le profil du territoire est proche du profil national. Aucun des cinq critères ne s'y distingue nettement de la moyenne : les causes d'inconfort y sont réparties comme ailleurs en France, et la hiérarchie d'action nationale s'applique sans adaptation particulière. C'est une information utile en soi, car elle autorise à s'appuyer sur les retours d'expérience d'autres territoires sans réserve.

Critères manquants chez les logements en confort d'été insuffisant, CA Troyes Champagne Métropole
Critère manquantCA Troyes Champagne Métropole France métro.Écart
L'absence de brasseurs d'air fixes97,3 %96,7 %+0,6
L'absence de protections solaires extérieures79,7 %85,2 %−5,5
Le déficit d'inertie du bâti70,2 %70,8 %−0,6
L'absence d'isolation de toiture43,1 %42,8 %+0,3
La part de logements non traversants24,8 %25,0 %−0,2

La carte du territoire

28 32 34 37 % insuffisant

Part de logements en confort d'été insuffisant par commune. En gris, les communes dont la base de diagnostics est inférieure à 100, trop faible pour un taux publiable.

Le taux par commune

Le taux de logements en confort d'été insuffisant varie du simple au double d'une commune à l'autre, de 15,7 % (Rosières-près-Troyes) à 37,0 % (Saint-Parres-aux-Tertres). Une politique uniforme à l'échelle du territoire manquerait donc sa cible : c'est le niveau communal qui doit porter le ciblage.

CommuneInsuffisantBase
Troyes31,9 %18 602
Saint-André-les-Vergers25,9 %2 379
Sainte-Savine31,6 %2 359
La Chapelle-Saint-Luc29,5 %1 622
Saint-Julien-les-Villas28,3 %1 086
Pont-Sainte-Marie33,5 %824
Rosières-près-Troyes15,7 %702
Bréviandes33,9 %492
Les Noës-près-Troyes30,6 %474
La Rivière-de-Corps33,3 %384
Saint-Parres-aux-Tertres37,0 %357
Buchères27,7 %285
Estissac43,6 %275
Saint-Germain28,1 %270
Lusigny-sur-Barse35,7 %227
Saint-Lyé43,2 %183
Verrières35,8 %173
Creney-près-Troyes46,5 %155
Barberey-Saint-Sulpice33,8 %139
Bouilly34,4 %128
Sainte-Maure41,9 %124
Cléreyn.d.99
Lavaun.d.82
Mesnil-Saint-Pèren.d.81
Paynsn.d.75
Torvilliersn.d.70
Saint-Léger-près-Troyesn.d.68
Mousseyn.d.67
Maceyn.d.63
Fontvannesn.d.62
Villechétifn.d.59
Montaulinn.d.56
Courterangesn.d.52
Saint-Pouangen.d.47
Rouilly-Saint-Loupn.d.40
Messonn.d.39
Vauchassisn.d.38
Mergeyn.d.36
Villacerfn.d.35
Jeugnyn.d.33
Bourantonn.d.31
Bucey-en-Othen.d.31
Isle-Aumontn.d.29
Montsuzainn.d.29
Montiérameyn.d.28
Saint-Benoît-sur-Seinen.d.28
Saint-Jean-de-Bonnevaln.d.28
Aubeterren.d.26
Les Bordes-Aumontn.d.26
Ruvignyn.d.26
Laubresseln.d.25
Sommevaln.d.25
Laines-aux-Boisn.d.24
Prugnyn.d.23
Saint-Thibaultn.d.23
Montgueuxn.d.22
Soulignyn.d.22
Thennelièresn.d.22
La Vendue-Mignotn.d.21
Villeryn.d.21
Le Pavillon-Sainte-Julien.d.19
Feugesn.d.18
Montreuil-sur-Barsen.d.18
Dierrey-Saint-Pierren.d.17
Cormostn.d.16
Crésantignesn.d.15
Villy-le-Maréchaln.d.15
Montceaux-lès-Vaudesn.d.14
Villemereuiln.d.14
Javernantn.d.13
Vaillyn.d.13
Assenayn.d.12
Lireyn.d.12
Villeloupn.d.12
Fresnoy-le-Châteaun.d.11
Maupasn.d.8
Fays-la-Chapellen.d.7
Roncenayn.d.7
Longeville-sur-Mognen.d.6
Machyn.d.6
Villy-le-Boisn.d.3

Base : nombre de logements diagnostiqués exploitables. En dessous de 100, aucun taux n'est publié : le classement relatif entre communes est solide, la décimale ne l'est pas.

L'enjeu de santé publique

Le territoire compte 37 553 habitants de 65 ans ou plus, soit 21,4 % de sa population, contre 21,3 % en métropole. L'exposition démographique y est donc proche de la moyenne nationale.

La part de logement social, à 24,9 % contre 14,5 % nationalement, est un atout d'action : ces logements relèvent d'une programmation pilotable par un opérateur unique, là où le parc privé suppose de convaincre des milliers de décideurs individuels.

Le rapprochement avec les données sanitaires est direct : le bilan consolidé de la canicule de juin 2026, publié par Santé publique France le 22 juillet 2026, fait état de 5 764 décès en excès entre le 17 juin et le 2 juillet, soit une hausse de 36 %. Les 75 ans et plus en représentent les deux tiers, mais un excès a été observé pour toutes les classes d'âge à partir de 15 ans, et pour tous les lieux de décès, domicile compris.

Comparaison avec les autres intercommunalités du département

TerritoireInsuffisantBase
CC de la Région de Bar sur Aube30,8 %2 195
CA Troyes Champagne Métropole31,9 %33 108
CC de Vendeuvre-Soulaines34,5 %1 048
CC des Portes de Romilly sur Seine39,0 %3 500
CC des Lacs de Champagne39,8 %1 316
CC d'Arcis, Mailly, Ramerupt40,0 %1 381
CC Seine et Aube40,5 %1 235
CC du Barséquanais en Champagne44,6 %2 518
CC du Chaourçois et du Val d'Armance45,7 %1 342
CC du Pays d'Othe52,4 %1 024
CC du Nogentais61,5 %3 351

Questions fréquentes

CA Troyes Champagne Métropole : combien de logements sont mal protégés contre la chaleur ?

31,9 % des logements diagnostiqués y présentent un confort d'été insuffisant, contre 40,0 % en France métropolitaine, soit 10 558 logements parmi les diagnostics exploitables. Rapporté à l'ensemble du parc, ce taux représente de l'ordre de 26 700 résidences principales sur 83 805. Ce second nombre est une estimation, obtenue en appliquant aux résidences principales le taux observé sur les diagnostics ; ce n'est pas un décompte.

CA Troyes Champagne Métropole : pourquoi les logements y surchauffent-ils en été ?

Aucune cause ne s'y distingue nettement de la moyenne nationale : les facteurs d'inconfort y sont répartis comme ailleurs en France. Le diagnostic de performance énergétique documente cinq critères de bâti : isolation de la toiture, protections solaires extérieures, inertie, caractère traversant du logement et présence de brasseurs d'air fixes. Ces cinq critères sont les leviers d'action documentés, pas la formule de calcul de l'indicateur.

Quels travaux améliorent le confort d'été d'un logement ?

Les protections solaires extérieures (volets, stores, brise-soleil) sont le geste le plus accessible et au meilleur rapport coût-résultat, car elles se posent sans toucher à la structure. L'isolation de la toiture sert l'hiver comme l'été. La ventilation nocturne est gratuite quand le logement est traversant. Les brasseurs d'air fixes sont finançables par MaPrimeRénov' depuis le 1er janvier 2024, mais seulement dans le parcours accompagné, au sein d'une rénovation d'ampleur, et non en geste isolé ; ils n'entrent pas dans le calcul 3CL, donc sans effet sur la note affichée. L'inertie, elle, se corrige difficilement après coup.

Le DPE mesure-t-il vraiment le confort d'été ?

Seulement de façon qualitative, à trois niveaux (bon, moyen, insuffisant), et hors du calcul de l'étiquette A à G. Il ne donne ni température ni durée d'inconfort. L'actualisation de cet indicateur est prévue à l'horizon 2028, une description en degrés-heures comparable à celle de la RE2020 étant l'une des pistes évoquées.

Note de méthode et limites

Source. Base « DPE Logements existants (depuis juillet 2021) » publiée par l'ADEME sous Licence Ouverte 2.0, millésime du 30 juin 2026, rapprochée par territoire du recensement INSEE, millésime 2023 (population par âge, résidences principales par statut d'occupation).

Champ de l'indicateur. L'indicateur de confort d'été n'est renseigné que sur 68,6 % des diagnostics au niveau national, et sur 82,9 % ici. Le taux dépend du type de bien : 93 % pour les maisons, 59 % pour les appartements, 5 % pour les immeubles. Les territoires urbains sont donc moins bien couverts que les territoires ruraux. Environ 3 % des diagnostics publiés ne portent pas de code commune exploitable et sont hors de ce périmètre.

Biais de couverture. Un diagnostic n'est établi qu'à l'occasion d'une vente ou d'une mise en location. Le parc décrit sur-représente les logements qui ont changé de main depuis juillet 2021 et sous-représente ceux occupés durablement par leur propriétaire — plus souvent des ménages âgés. S'agissant précisément du public le plus vulnérable, cela appelle à la prudence.

Ce que le DPE mesure. L'indicateur est qualitatif, à trois niveaux, et le Guide DPE Logements, version 3 de juillet 2024, page 104, en documente cinq critères de bâti. Il n'entre pas dans le calcul de l'étiquette A à G, ne mesure pas une température et ne quantifie pas une durée d'inconfort. Il est établi une fois au moment du diagnostic et ne se met pas à jour après un été chaud : ces chiffres ne suivront donc pas le réchauffement, alors que l'inconfort réellement vécu, lui, augmentera. Vérification faite sur les données, les cinq critères publiés en open data n'expliquent que 75,1 % des classements : ils sont à lire comme les leviers d'action documentés, non comme la formule de calcul. À caractéristiques de bâti strictement identiques, le classement varie encore selon la zone climatique et l'altitude.

Deux repères, et non un seul. Le taux national de 40,0 % est une moyenne pondérée par les logements : elle décrit le parc français, où les grandes aires urbaines pèsent lourd. La médiane des intercommunalités, elle, se situe à 43,5 %. Comparer un territoire au seul taux national conduit à qualifier d'« au-dessus de la moyenne » près des deux tiers des intercommunalités, ce qui n'apprend rien. Les deux repères sont donc donnés ensemble.

La composition du parc pèse sur le résultat. Les maisons sont plus souvent classées insuffisantes que les logements collectifs. Mesuré sur les intercommunalités publiées : +2,0 points de logements insuffisants pour +10 points de maisons, la seule composition du parc expliquant environ un quart des écarts entre territoires. Un territoire rural n'est donc pas « moins bien géré » qu'un territoire urbain : il a un parc différent. Les comparaisons de cette page sont brutes, non corrigées de cet effet.

Population et logement sont deux agrégats indépendants, joints par territoire. Cette page ne permet pas d'affirmer que telle personne âgée occupe tel logement inconfortable.

Ce document n'est ni un diagnostic de bâtiment, ni une étude thermique, ni un document opposable. Aucune conclusion ne peut en être tirée sur un logement donné.

Passer des constats aux décisions

Vous avez ici l'état du parc — CA Troyes Champagne Métropole. Ce que cette page ne peut pas faire, c'est vous dire combien de logements sont concernés dans chaque commune, et quelles communes cumulent le volume et une population âgée — c'est l'objet de l'étude territoriale.

Elle est produite à partir des mêmes données publiques, mises en forme pour être portées devant un conseil ou une commission, et livrée sous une semaine : les données sont publiques et déjà consolidées, ce délai sert à la relecture et au contrôle du document avant qu'il vous parvienne. C'est un état des lieux destiné à cibler une politique publique, pas un diagnostic de bâtiment.

Demander l'étude — CA Troyes Champagne Métropole Réponse sous 48 h — sans engagement