Confort d'été — CA Coulommiers Pays de Brie : 47,9 % du parc insuffisant

Un territoire dont l'inconfort a une cause dominante nette

54 communes, 96 928 habitants

Données ADEME du 30 juin 2026, rapprochées par territoire du recensement INSEE, millésime 2023. Analyse : Miguel Ygonin, ACCES IA.

47,9 %
du parc diagnostiqué en confort d'été insuffisant
France métropolitaine : 40,0 % · médiane des intercommunalités : 43,5 %
18 700
logements concernés, ordre de grandeur
sur 39 096 résidences principales
17,0 %
d'habitants de 65 ans ou plus
France métropolitaine : 21,3 %

L'inconfort du parc a ici une cause dominante nette : le déficit d'inertie du bâti, qui concerne 78,5 % des logements inconfortables, soit 7,7 points de plus que la moyenne nationale.

C'est une bonne nouvelle pour l'action publique : un territoire dont l'inconfort a une cause identifiée est un territoire où l'on sait quoi financer. La dispersion des causes est le pire cas ; ce n'est pas celui-ci.

Ce qui rend le sujet urgent

  • En cours d'examen au Parlement. Le projet de loi de relance et de décentralisation du logement fait entrer le confort d'été dans la définition de la rénovation performante. Adopté au Sénat le 8 juillet 2026, il n'est pas encore voté définitivement : examen à l'Assemblée à la rentrée.
  • Le PCAET, déjà obligatoire ici. Au-delà de 20 000 habitants, il s'impose et se met à jour tous les six ans (article L229-26 du code de l'environnement). Son diagnostic doit comporter une analyse de la vulnérabilité du territoire aux effets du changement climatique (article R229-51, 6°, en vigueur au 1er janvier 2026), et le plan doit mentionner les sources de données utilisées pour chaque élément du diagnostic (même article). Le parc de logements y est rarement documenté, faute de données territoriales disponibles.
  • Déjà obligatoire. L'audit énergétique réglementaire s'impose à la vente depuis le 1er avril 2023 pour les logements classés F et G, et depuis le 1er janvier 2025 pour la classe E. Depuis le 1er avril 2024, ses propositions de travaux doivent permettre d'atteindre un niveau satisfaisant de confort hygrothermique. L'obligation existe donc avant l'outil de mesure : l'actualisation de l'indicateur de confort d'été n'est attendue qu'à l'horizon 2028.
  • L'été 2026 a servi d'avertissement. Santé publique France estime à 5 764 le nombre de décès en excès entre le 17 juin et le 2 juillet, soit une hausse de 36 %. Les 75 ans et plus en représentent les deux tiers, mais un excès a été observé pour toutes les classes d'âge à partir de 15 ans, et pour tous les lieux de décès, domicile compris.

Sources : code de l'environnement, articles L229-26 et R229-51 (Légifrance) ; Sénat, texte adopté n° 157 (2025-2026) ; arrêté du 29 décembre 2023 modifiant l'arrêté du 4 mai 2022 relatif au contenu de l'audit énergétique réglementaire ; PNACC-3, mesure 9 ; Santé publique France, bilan du 22 juillet 2026. Veille arrêtée au 22 juillet 2026.

Pourquoi les logements surchauffent ici

La spécificité du territoire est le déficit d'inertie du bâti : 78,5 % des logements inconfortables sont concernés, soit 7,7 points de plus que la moyenne nationale (70,8 %). C'est l'écart le plus marqué des cinq critères, et c'est donc l'élément qui distingue ce territoire.

L'inertie est la capacité du bâti à absorber la chaleur du jour pour la restituer la nuit. Elle dépend de la masse des matériaux et se corrige difficilement après coup : c'est le critère le plus structurel des cinq. Quand elle fait défaut, la ventilation nocturne et les protections solaires deviennent les leviers principaux. Précision de lecture : le critère est binaire, et son absence signifie une inertie légère ou moyenne, pas une inertie nulle.

Critères manquants chez les logements en confort d'été insuffisant, CA Coulommiers Pays de Brie
Critère manquantCA Coulommiers Pays de Brie France métro.Écart
L'absence de brasseurs d'air fixes97,0 %96,7 %+0,3
L'absence de protections solaires extérieures90,9 %85,2 %+5,7
Le déficit d'inertie du bâti78,5 %70,8 %+7,7
L'absence d'isolation de toiture26,7 %42,8 %−16,1
La part de logements non traversants19,1 %25,0 %−5,9

Un point d'appui existe : la toiture. Le territoire affiche 26,7 % de logements inconfortables concernés, contre 42,8 % nationalement, soit 16,1 points de moins. Cet acquis est à préserver dans les programmes à venir plutôt qu'à refaire.

La carte du territoire

46 49 54 59 % insuffisant

Part de logements en confort d'été insuffisant par commune. En gris, les communes dont la base de diagnostics est inférieure à 100, trop faible pour un taux publiable.

Le taux par commune

Le taux de logements en confort d'été insuffisant varie modérément d'une commune à l'autre, de 39,2 % (Coulommiers) à 53,7 % (Pommeuse). Le territoire est homogène, ce qui autorise une politique unique à son échelle.

CommuneInsuffisantBase
Coulommiers39,2 %2 472
La Ferté-sous-Jouarre43,8 %1 967
Crécy-la-Chapelle45,1 %677
Jouarre51,9 %621
Mouroux45,6 %570
Pommeuse53,7 %417
Faremoutiers48,3 %393
Boissy-le-Châtel42,3 %336
Guérard59,4 %271
Saâcy-sur-Marne54,1 %266
Villiers-sur-Morin48,7 %263
Couilly-Pont-aux-Dames46,1 %245
Saint-Augustin60,5 %190
Beautheil-Saints58,1 %186
Bouleurs45,7 %173
Condé-Sainte-Libiaire54,3 %164
Luzancy57,4 %162
Chailly-en-Brie42,5 %153
Chamigny61,3 %150
Saint-Jean-les-Deux-Jumeaux60,0 %150
Touquin55,3 %150
Ussy-sur-Marne54,7 %137
Voulangis50,8 %128
La Celle-sur-Morin62,9 %124
Sammeron61,0 %123
Coutevroult47,5 %118
Changis-sur-Marne49,1 %108
Citryn.d.93
Dammartin-sur-Tigeauxn.d.93
Amillisn.d.92
Chevrun.d.89
Sainte-Aulden.d.83
Reuil-en-Brien.d.80
Chauffryn.d.76
Mauperthuisn.d.69
Méry-sur-Marnen.d.65
Nanteuil-sur-Marnen.d.65
Maisoncelles-en-Brien.d.60
Signy-Signetsn.d.59
Pierre-Levéen.d.54
Aulnoyn.d.53
Bussièresn.d.53
Tigeauxn.d.48
Coulommesn.d.42
Marolles-en-Brien.d.39
Sept-Sortsn.d.35
Bassevellen.d.32
La Haute-Maisonn.d.28
Pézarchesn.d.27
Sancyn.d.26
Vaucourtoisn.d.26
Dagnyn.d.25
Giremoutiersn.d.16
Hautefeuillen.d.11

Base : nombre de logements diagnostiqués exploitables. En dessous de 100, aucun taux n'est publié : le classement relatif entre communes est solide, la décimale ne l'est pas.

L'enjeu de santé publique

Le territoire compte 16 498 habitants de 65 ans ou plus, soit 17,0 % de sa population, contre 21,3 % en métropole. L'exposition démographique y est donc inférieure à la moyenne nationale, ce qui atténue l'enjeu sanitaire sans le supprimer.

La part de logement social n'est que de 7,5 % contre 14,5 % nationalement : le levier bailleur est ici étroit, et l'essentiel de l'action devra passer par les aides au parc privé et par l'accompagnement des propriétaires, plus lents à mobiliser. La forte proportion de propriétaires occupants (70,8 % contre 57,6 %) oriente en outre vers les dispositifs d'aide individuelle plutôt que vers la contrainte locative.

Le rapprochement avec les données sanitaires est direct : le bilan consolidé de la canicule de juin 2026, publié par Santé publique France le 22 juillet 2026, fait état de 5 764 décès en excès entre le 17 juin et le 2 juillet, soit une hausse de 36 %. Les 75 ans et plus en représentent les deux tiers, mais un excès a été observé pour toutes les classes d'âge à partir de 15 ans, et pour tous les lieux de décès, domicile compris.

Comparaison avec les autres intercommunalités du département

TerritoireInsuffisantBase
CA Val d'Europe Agglomération30,1 %6 952
CA Marne et Gondoire31,6 %14 679
CC l'Orée de la Brie32,9 %3 548
CA Paris - Vallée de la Marne33,4 %25 629
CA Grand Paris Sud Seine Essonne Sénart36,2 %44 509
CC Les Portes Briardes Entre Villes et Forêts39,0 %4 566
CA Coulommiers Pays de Brie47,9 %12 153
CC Pays de Nemours50,5 %3 755
CC des Deux Morin53,7 %3 079
CA du Pays de Fontainebleau54,1 %10 605
CC Moret Seine et Loing56,3 %4 489
CC Gâtinais Val de Loing56,4 %2 256
CC Bassée-Montois60,3 %2 524
Les 23 intercommunalités du département ne sont pas toutes listées : seules les 6 les mieux placées et les 6 les moins bien placées figurent ici. Le détail complet est sur la page du département.

Questions fréquentes

CA Coulommiers Pays de Brie : combien de logements sont mal protégés contre la chaleur ?

47,9 % des logements diagnostiqués y présentent un confort d'été insuffisant, contre 40,0 % en France métropolitaine, soit 5 820 logements parmi les diagnostics exploitables. Rapporté à l'ensemble du parc, ce taux représente de l'ordre de 18 700 résidences principales sur 39 096. Ce second nombre est une estimation, obtenue en appliquant aux résidences principales le taux observé sur les diagnostics ; ce n'est pas un décompte.

CA Coulommiers Pays de Brie : pourquoi les logements y surchauffent-ils en été ?

La cause la plus sur-représentée ici est le déficit d'inertie du bâti, qui concerne 78,5 % des logements inconfortables, soit 7,7 points de plus que la moyenne nationale. Le diagnostic de performance énergétique documente cinq critères de bâti : isolation de la toiture, protections solaires extérieures, inertie, caractère traversant du logement et présence de brasseurs d'air fixes. Ces cinq critères sont les leviers d'action documentés, pas la formule de calcul de l'indicateur.

Quels travaux améliorent le confort d'été d'un logement ?

Les protections solaires extérieures (volets, stores, brise-soleil) sont le geste le plus accessible et au meilleur rapport coût-résultat, car elles se posent sans toucher à la structure. L'isolation de la toiture sert l'hiver comme l'été. La ventilation nocturne est gratuite quand le logement est traversant. Les brasseurs d'air fixes sont finançables par MaPrimeRénov' depuis le 1er janvier 2024, mais seulement dans le parcours accompagné, au sein d'une rénovation d'ampleur, et non en geste isolé ; ils n'entrent pas dans le calcul 3CL, donc sans effet sur la note affichée. L'inertie, elle, se corrige difficilement après coup.

Le DPE mesure-t-il vraiment le confort d'été ?

Seulement de façon qualitative, à trois niveaux (bon, moyen, insuffisant), et hors du calcul de l'étiquette A à G. Il ne donne ni température ni durée d'inconfort. L'actualisation de cet indicateur est prévue à l'horizon 2028, une description en degrés-heures comparable à celle de la RE2020 étant l'une des pistes évoquées.

Note de méthode et limites

Source. Base « DPE Logements existants (depuis juillet 2021) » publiée par l'ADEME sous Licence Ouverte 2.0, millésime du 30 juin 2026, rapprochée par territoire du recensement INSEE, millésime 2023 (population par âge, résidences principales par statut d'occupation).

Champ de l'indicateur. L'indicateur de confort d'été n'est renseigné que sur 68,6 % des diagnostics au niveau national, et sur 55,7 % ici. Le taux dépend du type de bien : 93 % pour les maisons, 59 % pour les appartements, 5 % pour les immeubles. Les territoires urbains sont donc moins bien couverts que les territoires ruraux. Environ 3 % des diagnostics publiés ne portent pas de code commune exploitable et sont hors de ce périmètre.

Biais de couverture. Un diagnostic n'est établi qu'à l'occasion d'une vente ou d'une mise en location. Le parc décrit sur-représente les logements qui ont changé de main depuis juillet 2021 et sous-représente ceux occupés durablement par leur propriétaire — plus souvent des ménages âgés. S'agissant précisément du public le plus vulnérable, cela appelle à la prudence.

Ce que le DPE mesure. L'indicateur est qualitatif, à trois niveaux, et le Guide DPE Logements, version 3 de juillet 2024, page 104, en documente cinq critères de bâti. Il n'entre pas dans le calcul de l'étiquette A à G, ne mesure pas une température et ne quantifie pas une durée d'inconfort. Il est établi une fois au moment du diagnostic et ne se met pas à jour après un été chaud : ces chiffres ne suivront donc pas le réchauffement, alors que l'inconfort réellement vécu, lui, augmentera. Vérification faite sur les données, les cinq critères publiés en open data n'expliquent que 75,1 % des classements : ils sont à lire comme les leviers d'action documentés, non comme la formule de calcul. À caractéristiques de bâti strictement identiques, le classement varie encore selon la zone climatique et l'altitude.

Deux repères, et non un seul. Le taux national de 40,0 % est une moyenne pondérée par les logements : elle décrit le parc français, où les grandes aires urbaines pèsent lourd. La médiane des intercommunalités, elle, se situe à 43,5 %. Comparer un territoire au seul taux national conduit à qualifier d'« au-dessus de la moyenne » près des deux tiers des intercommunalités, ce qui n'apprend rien. Les deux repères sont donc donnés ensemble.

La composition du parc pèse sur le résultat. Les maisons sont plus souvent classées insuffisantes que les logements collectifs. Mesuré sur les intercommunalités publiées : +2,0 points de logements insuffisants pour +10 points de maisons, la seule composition du parc expliquant environ un quart des écarts entre territoires. Un territoire rural n'est donc pas « moins bien géré » qu'un territoire urbain : il a un parc différent. Les comparaisons de cette page sont brutes, non corrigées de cet effet.

Population et logement sont deux agrégats indépendants, joints par territoire. Cette page ne permet pas d'affirmer que telle personne âgée occupe tel logement inconfortable.

Ce document n'est ni un diagnostic de bâtiment, ni une étude thermique, ni un document opposable. Aucune conclusion ne peut en être tirée sur un logement donné.

Passer des constats aux décisions

Vous avez ici l'état du parc — CA Coulommiers Pays de Brie. Ce que cette page ne peut pas faire, c'est vous dire combien de logements sont concernés dans chaque commune, et quelles communes cumulent le volume et une population âgée — c'est l'objet de l'étude territoriale.

Elle est produite à partir des mêmes données publiques, mises en forme pour être portées devant un conseil ou une commission, et livrée sous une semaine : les données sont publiques et déjà consolidées, ce délai sert à la relecture et au contrôle du document avant qu'il vous parvienne. C'est un état des lieux destiné à cibler une politique publique, pas un diagnostic de bâtiment.

Demander l'étude — CA Coulommiers Pays de Brie Réponse sous 48 h — sans engagement